RENCONTRE AVEC AMANDA COULSON DIRECTRICE ARTISTIQUE DE VOLTA

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A l’occasion de notre partenariat avec VOLTA, la plus importante foire Off d’Art Basel , nous avons recontré la directrice artistique, Amanda Coulson. 

1) Artsper : Pourquoi avez-vous décidé de lancer VOLTA en 2005, et comment avez-vous eu l’idée du nom ?

Amanda Coulson: Ce n’était pas mon idée ! L’initiative appartient à Friedrich Loock de la Loock Galerie de Berlin (ancienne Wohnmaschine) et à deux autres galeristes, Kavi Gupta de Chicago et Ulrich Voges de Francfort, qui ont identifié une niche qui manquait dans le paysage de Bâle à l’époque. Il s’agit d’une plateforme qui se situe entre la super-jeune (même pas cinq ans) et über-hip Liste et la prestigieuse et “blue chip” Art Basel. Un des galeristes est mon mari, et, comme j’étais critique et commissaire d’expositions, je me suis chargée de trouver un cadre pour le dialogue qu’ils essayaient d’initier… au début, j’ai été en charge surtout des RP et du marketing, mais comme c’était une « affaire de famille », on faisait un peu de tout ! Leurs galeries ont grandi en devenant de véritables entreprises et la foire s’est développée, et en ce moment je m’occupe de l’organisation et de la gestion des expositions. Le nom vient de la première salle que nous ayons louée, la Voltahalle. Il y a beaucoup de rues et de places portant le nom d’Alessandro Volta en Suisse et en Italie, et nous avons tous aimé l’idée d’électricité et d’énergie du mot, donc nous l’avons gardé. 

2) Quelle est la valeur ajoutée de VOLTA ? Comment choisissez-vous les galeries ?

 Lorsqu’il s’agit d’une foire-satellite, il est important d’avoir un profil bien défini et nous avons essayé d’apporte quelque chose de nouveau en créant un contexte pour ce que nous proposons. Au lieu de permettre aux galeries de présenter cinq ou six artistes, nous leurs demandons de présenter des stands avec un véritable commissariat d’exposition ; nous avons donc de nombreuses expositions de groupe ou des “dialogues” entre deux artistes. Et tandis qu’il est presque impossible d’organiser une foire comme on organiserait une exposition, nous avons impliqué les commissaires depuis le début, au lieu de compter sur d’autres galeries pour approuver ou faire le choix des artistes et des projets. À New York, je réfléchis même à des éléments comme les thèmes des projets personnels qui se trouvent les uns à côté des autres, car je souhaite que les stands puissent participer à un véritable dialogue, qu’ils ne soient pas comme des petites îles, isolés du reste de la foire. Au début, cela se faisait naturellement, car de nombreux exposants étaient amis et collègues et cela créait un contexte convivial, il n’y avait pas une ambiance compétitive. La sélection des galeries est un processus long et complexe, nous voyageons tout au long de l’année et visitons d’autres foires, des espaces d’exposition, je consulte mes collègues, j’écoute les avis de gens très différents : des collectionneurs, des commissaires et d’autres galeristes… il s’agit donc de beaucoup plus que de recevoir et de consulter des candidatures.

3) Qu’est-ce que vous nous proposez en 2014 ? 

Nous retournons au centre- ville, dans la magnifique Markthalle qui nous offre un cadre architectural incroyable. En plus, comme nous célébrons notre dixième édition, nous proposerons une sélection de nos « Best Of » des dix dernières années et de nouvelles découvertes…

4) Quel est le rôle des foires d’art sur le marché de l’art aujourd’hui ? 

Malheureusement, les foires jouent un rôle très important. Je dis « malheureusement » parce que je pense que personne dans le monde ne pense que les foires soient le cadre idéal pour admirer des œuvres d’art. Pour cela, la galerie ou le musée restent les meilleurs endroits, mais malgré tous les inconvénients, les foires sont un moyen d’accès à un grand nombre d’oeuvres qui seraient normalement inaccessibles aux collectionneurs et aux curateurs. À VOLTA10, par exemple, nous avons des galeries de l’Afrique du Sud, de l’Asie … des endroits auxquels les collectionneurs des États-Unis n’ont pas forcément accès. Les foires offrent aussi un cadre pour les galeries de connaître le réseau, de connaître de nouveaux artistes qu’elles peuvent représenter, de rencontrer des curateurs de Stockholm, par exemple, qui ne peuvent peut-être pas se rendre à Los Angeles ou Zurich ou Milan. Donc les foires sont des endroits où on fait beaucoup plus que vendre, elles sont des lieux de rencontre pour les différents acteurs du monde de l’art.

5) Parmi vos nombreux talents, vous êtes également critique d’art. Cet élément a-t-il une influence sur votre travail en tant que directeur artistique ?

Oui et non. J’espère que mon travail en tant que critique influence mes décisions de façon positive; j’ai une perspective plus large que le marché, et je pense que cela peut être une bonne chose. Mais j’ai choisi d’écrire à propos de choses qui n’apparaissent pas à VOLTA10, car cela pourrait engendrer une sorte de cercle autoréférentiel très bizarre. Je pense que ces deux activités doivent maintenir leur indépendance l’une de l’autre, pour ne pas créer des confusions.

6) VOLTA NY a ouvert ses portes en 2008. Avez-vous prévu d’exporter VOLTA dans d’autres villes ? 

Je ne dirais pas que nous avons un projet concret, mais nous sommes toujours curieux et ouverts à de nouvelles idées. Donc, « il ne faut jamais dire jamais ».

7) Quel a été votre coup de coeur artistique en 2013 ?

 Je suis trop âgée et trop sage, je me méfie des coups de coeur. Je crois plutôt aux relations longues ! Il y a beaucoup de nouveaux artistes très intéressants, mais pour mois la meilleure oeuvre de la Biennale de Venise en 2013 reste celle de Tintoret…

8) Que pensez-vous du projet Artsper?

Il est évident que l’Internet est incontournable et représente l’avenir. En plus le temps reste l’une de nos ressources les plus précieuses. Un site comme Artsper peut rendre l’art accessible pendant que vos voyages ou après une longue journée. Il est une excellente ressource pour découvrir, apprendre, trouver des recommandations et être guidé dans ce vaste et complexe monde de l’art qui peut être parfois si déroutant.

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2 Commentaires


Jeanne Poret

Publié le 17 juin 2014, 14h06

Bonjour,

En effet, nous ne travaillons qu’avec des galeries.

Bien à vous.

Josiane pape

Publié le 16 juin 2014, 15h58

Bonjour,
Il semblerait que votre événement ne soit réservé qu’à des galeries
Un collectif d’artistes,une association ou un particulier peut il y participer?
Merci
Salutations
Josiane pape
Www Josiane pape .fr

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