I LOVE LA: ESTEVAN ORIOL

Rencontres - -

Palmiers, villas californiennes, fast-food ou Lindsay Lohan, la culture américaine pop est une source d’inspiration grandissante pour les artistes contemporains d’aujourd’hui. Chaque semaine, Artsper vous présentera un artiste pour notre saga «I Love LA». Le travail des artistes sélectionnés est intrinsèquement lié à Los Angeles.

Los Angeles au bout du monde, à la limite de la terre, le dernier souffle avant qu’elle ne se noie dans les profondeurs du Pacifique. « Tip the world over on its side and everything will land in Los Angeles ». “Incliner la terre d’un côté et tout ce qui est mobile atterrira à Los Angeles” Frank Lloyd Wright a dit. Une ville d’intersections et de carrefours transformée en ville des rêves et possibilités. A une époque elle fut le désert et le Far West, elle est maintenant la ville de quartz, terre des autoroutes et des panneaux publicitaires, du béton et des pelouses artificielles. Ne vous méprenez pas, la ville désert, a ses propres autochtones et ces hommes et femmes qui arpentent ses rues sont immortalisés par le photographe Estevan Oriol, un homme qui a su capturé une beauté brute et dangereuse, un hommage à la ville des anges. Je l’ai découvert en feuilletant un livre de photos que mon copain m’avait montré : LA Woman. J’ai été immédiatement fascinée par les images de ces femmes, passant d’une sensualité vigoureuse presque virile à une beauté intime délicate. Des femmes fatales aux lolitas sexy plongées dans une atmosphère de série noire, j’ai pensé au chef d’œuvre !

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Claire: Vous avez commencé à prendre des photos avec l’appareil photo de votre père et la plupart de vos clichés sont en noir et blanc. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce choix ? Préférez-vous Los Angeles en noir et blanc ?

Estevan : A l’époque, je n’y pensais même pas, on ne m’a rien appris. C’était plus comme, voilà un appareil photo, va prendre des photos. Je savais qu’il utilisait la technique du shot slide et le développement croisé mais je préférais le noir et blanc. Il allait à deux différents labos Fotek pour la couleur et à Focus pour le noir et blanc. J’utilisais un peu des deux donc je me suis retrouvée à utiliser le noir et blanc que je préférais et c’était aussi le moins cher.

C: Vous avez photographié à la fois des membres de gangs et des célébrités. Avez-vous rencontré les mêmes difficultés des deux côtés ?

E : Oui les gens sont les mêmes, il y a ceux qui aiment être photographiés, ceux qui ne savent pas mais si vous leur parlez bien vous pouvez prendre leur photo et ceux qui détestent ça et ne vous laisseront pas. Les célébrités sont bizarres, elles sont habituées aux caméras alors les appareils photos immobiles les rendent nerveuses mais la plupart du temps, elles sont cools.

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C: Dans LA Portraits et LA Woman, les hommes ont l’air dangereux mais les femmes également. Pensez-vous que la beauté de ces femmes est aussi dangereuse que les hommes armés dans ces rues.

E : Les femmes peuvent clairement être dangereuses, tout le monde peut penser mal et être mauvais, homme ou femme.

C : Il est clair que vous aimez photographier les femmes et votre appareil capture une beauté brute et intime dans chacune d’elles. Est-ce que votre approche change lorsque vous photographiez des filles que vous connaissez plutôt que juste des modèles ?

E : Non, mon approche reste toujours la même, c’est mon style, je reste moi-même quelle que soit le personne que je prends en photo et ça marche la plupart du temps. Je photographie rarement des mannequins d’agence sauf si c’est pour un shooting de mode. Je photographie souvent des filles que je connais déjà ou qui me sont référencées.

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C: Vous avez dit que Los Angeles était votre support de création, ce support a-t-il changé durant les années ?

E: Oh oui, c’est dingue j’étais à Downtown pendant vingt ans quand c’était vide et rempli de drogues et de sans-abris, maintenant l’argent est arrivé et c’est devenu très branché. Jus pressé à froid, cafés à 6$, des séances de yoga, les promeneurs de chiens. Plus de graffiti dans le L.A River, c’est en train de se gâcher par rapport au Downtown sale et crasseux que je photographiais avant. Ils sont en train de détruire le pont de 6th street, il reste un peu de temps avant qu’il disparaisse complètement, donc je vais le photographier le plus possible avant que cela n’arrive. L.A n’est pas un endroit pour préserver des endroits historiques, ils le détruisent systématiquement pour y mettre des choses nouvelles. Un Starbucks et un Jamba Juice et c’est fini !

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C: Qu’aimez-vous photographier en ce moment?

E : Mes bookings, cela faisait 20 ans que je photographiais ce que je voulais, c’est le travail qui est satisfaisant à accomplir, c’est facile de prendre en photo ce que l’on veut, le challenge c’est de faire le travail, accomplir une mission et ensuite voir le client partir content de ton travail et qui t’a payé, c’est même mieux quand le client revient pour une autre demande. C’est là que tu sais que t’as bien fait ton travail.

C : Pensez-vous que LA Woman personnifie Los Angeles en ce qui concerne à la fois son danger et sa sensualité ?

E: L.A. est une ville dure, c’est la seule ville comme ça. New York en est proche et d’autres grandes villes mais L.A. a « Hollywood », beaucoup de gens viennent ici pour essayer de réaliser leurs rêves de gloire et d’argent. Et peut-être 10% y arrivent, le reste continue à essayer et les autres rentrent chez eux en ayant échoué. C’est sexy pour cette raison ou déprimant, les gens continuent d’arriver tous les jours par l’avion, les trains ou les bus.

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C : Dans la dernière page du livre LA Woman, j’ai beaucoup aimé la photo de vous et de votre femme. Est-ce qu’elle aime que vous la preniez en photo ?

E: Bien sûr, elle est ma plus grande fan, j’ai des tonnes d’images de ma famille. J’ai des bonnes photos d’eux, ils s’énervent car ils ne les voient pas assez. Je photographie tellement tout et n’importe quoi que c’est dur de montrer à tout le monde toutes leurs photos.

C: Y-a-t-il une personnalité française qui vous intéresse ou que vous aimeriez rencontrer ?

E: Avant je voulais photographier Béatrice Dalle et Vanessa Paradis, Laetitia Casta, je suis sure qu’il y a plus de gens aujourd’hui mais je n’ai pas été à Paris depuis longtemps. J’aime toujours photographier mon ami Big Red des Raggasonic.

C: Qui aimeriez-vous prendre en photo si vous devriez faire un portrait ?

E: Mike Tyson, Willem Dafoe, Harvey Keitel, J Lo, Brad et Angelina Pitt, Scarlett Johansson, Adriana Lima, Rihanna, Emily Ratajkowski, Megan Fox,…

C: Quels sont vos projets en ce moment ?

E: Mon but est de publier 25 livres au total, j’en suis à deux donc je prepare les 23 prochains, je prépare également mon premier film. A part ça, je fais mon travail de d’habitude, essayant de trouver les prochaines étapes car tout change très vite.

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