LES 5 EXPOSITIONS INCONTOURNABLES DE MARS

Rencontres - -

Mars est le mois des vernissages! Les galeries promettent de belles expositions ce mois-ci. Artsper, en partenariat avec ParisBouge, vous fait une sélection des 5 expositions les plus encensées ou les plus attendues, à voir absolument ce mois-ci.

 

1.

{Brian Calvin • Galerie Almine Rech}

Hours
— 12 Avril

 

Pourquoi y aller ? Au cœur de l’exposition, se trouve le concept de «twin infinitive» (gémellité infinie), où notre œil transpose des choses familières sur les formes de ‘artistes pour les interpréter à l’infini. L’univers de Brian Calvin a ainsi quelque chose de familier car il parle simultanément à différentes générations. Il témoigne d’une affiliation à la prétendue platitude de la forme présente dans la recherche picturale d’Alex Katz, ainsi qu’à un certain héritage warholien dans le processus de création de l’image. Emotionnellement distants et d’un cool insaisissable, les personnages de Calvin communiquent la banalité de la culture selfie  et le malaise d’une génération éprise et très à l’écoute d’elle-même. Les peintures astucieuses et lumineuses – enduites de couleurs écarlates comme des photos surexposées – illustrent une jeunesse surexposée, branchée et décontractée en caricaturant pourl ’observateur leur visage aplati évoquant l’ennui stylisé des visages étirés de Modigliani. D’autres rapprochements sont possibles, et c’est là toute la beauté de ces hybridations infinies.

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 Courtesy of Almine Rech Paris

 

2.

{Lee Jeffries • Galerie Confluences}

Homeless

 — 3 Avril

 

Pourquoi y aller ? Cette exposition, en partenariat avec la galerie Mathgoth, présente l’artiste Londonien Lee Jeffries. L’artiste est célèbre pour capturer les expressions d’hommes et femmes de la rue et magnifier des parties de leurs corps : leur visage, leurs mains, leurs yeux. En les coupant de leur situation actuelle et leur offrant un cadre nouveau, il redonne dignité et humanité à ces laissés pour compte. Son point de départ : le cliché volé d’une jeune femme blottie dans un sac de couchage à Londres. Malgré l’envie de partir et fuir le regard de cette femme, quelque chose le pousse à rester et revenir vers elle. Cette première rencontre a bouleversé sa perception des SDF et l’objet de son œuvre. Lee Jeffries parcourt désormais l’Europe et les États-Unis à la rencontre de nouveaux modèles. Chacune de ces précieuses rencontres participe à son besoin de créer un lien entre « nous » et « eux » et de faire tomber les barrières. Le plus souvent en noir et blanc, et en lumière naturelle, ses photographies sont poignantes et très émouvantes.

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Courtesy of Galerie Mathgoth

3.

{Nina Canell, Helen Mirra, Gyan Panchal, Mark Lewis • Galerie Marcelle Alix}

Accueille-moi un paysage

 — 9 Avril

 

Pourquoi y aller ? Accueille-moi paysage est une exposition qui place la galerie Marcelle Alix comme l’une des galleries les plus innovantes du moment. La scénographie et le projet curatorial sont du plus bel effet. Il existe une réelle harmonie entre l’espace, le sujet et un dialogue entre les oeuvres elles-mêmes. Cécilia Bécanovic, co-curatrice avec Isabelle Alfonsi, explique : « J’ai le fantasme de projets à la galerie qui puissent me rappeler mes meilleurs moments d’expositions, ceux que je garde précieusement à l’esprit lorsqu’il me semble que ce continuum dont nous parlons s’exprime librement et ouvertement, encouragé par l’intensité de certaines rencontres. Il m’est toujours très agréable de promener mes yeux dans des musées qui ont un vrai sens de la mise en scène, de celles qui font confiance aux espaces entre les œuvres et à ce qui peut se produire, par exemple, entre un tableau, une chaise, un bibelot, une fenêtre et un dallage particulier.» Cette exposition a le mérite de nous ôter le sentiment déstabilisant d’être en face d’œuvres nécessitant un discours. Une véritable bouffée d’air.

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 Courtesy of Marcelle Alix

4.

{Niele Toroni • Galerie Marian Goodman}

En passant

 — 16 Avril

 

Pourquoi y aller ? Envie de comprendre enfin pourquoi on prend au sérieux ces oeuvres où les artistes apposent des touches de couleurs minimalistes sur une toile blanche? L’oeuvre de Niele Toroni est un bon point d’entrée. Niele Toroni appartient à la première génération de peintres minimalistes des années 1960. Sa méthode de travail, parfois considérée comme radicale, est aussi célèbre qu’immuable : depuis 1967, il applique, sur tout type de support des empreintes de pinceau n°50 à intervalles réguliers de 30 cm. Si aucune couleur n’est privilégiée, les empreintes d’un même travail sont monochromes et chaque travail/peinture n’est ainsi «jamais la même chose, comme chaque empreinte de pinceau n°50 n’est jamais la même. » L’artiste rejette toute forme de subjectivité, les empreintes de pinceaux n°50 ne véhiculent pour lui aucune idée ni états d’âme, ne racontent rien. « En passant » dévoile de nouvelles peintures, sur toile, toile cirée et papier, ainsi que deux interventions in situ.

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Courtesy of the artist & Galerie Marian Goodman, Paris

5. 

{Gérard Fromanger • Centre Pompidou}

— 16 Mai

Pourquoi y aller ? D’abord, qui est Gérard Fromanger ? Spécialiste du photoréalisme, l’œuvre de cet artiste est très peu connu du grand public. Son nom est attaché à une série de figures et d’événements marquants : l’amitié de Jacques Prévert, Mai 68 et son microcosme d’intellectuels, le jeu des couleurs, un film-tract culte réalisé avec Jean-Luc Godard, etc. En 1964, il fait son entrée à la galerie Maeght, alors la plus grande galerie du monde et gagne une large reconnaissance dès lors.  Les événements de Mai et ses rencontres avec quelques-uns des grands intellectuels de l’époque développent son travail. «  Quand Mai 68 clamait « l’énergie, c’est nous », j’y trouvais une force pour peindre l’énergie du monde. Quand les philosophes (Sartre, Deleuze, Foucault, Guattari ou Lyotard) ou les poètes (Jouffroy, Bulteau ou Bailly) me parlent de cette « énergie du monde », ils me donnent envie de leur parler en peinture, c’est ainsi à travers l’échange des langages que se crée l’amitié. », explique l’artiste. Le centre Pompidou expose une cinquantaine d’œuvres, dont certaines méconnues, et s’attache à faire connaître (de nouveau) aujourd’hui peintre qui se passionne pour la couleur et pour les mutations de la société.

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Gérard Fromanger. Courtesy of Centre Pompidou, mnam-cci/ Dist. RMN-GP, P. Migeat © Gérard Fromanger Achat à l’artiste en 1975. Attribution au musée national d’art moderne/centre de création industrielle, le 2 juin1977

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1 Commentaire


Assouline

Publié le 03 mars 2016, 12h39

Génial !

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