LA PISCINE DE ROUBAIX, L’ÉLÉGANCE D’UN MONDE EN PÉRIL

Rencontres - -

En écho à la collection de mode et à l’architecture du musée, la Piscine de Roubaix propose du 19 Mars au 5 Juin 2016, grâce aux prêts de tableaux souvent inédits, issus des collections publiques et privées, de redécouvrir l’œuvre de Braïtou-Sala, ce peintre dont l’oeuvre est un témoignage inestimable sur la mode et la société des Années folles et plus largement de l’Entre-deux-guerres, au cœur de la période Art Déco.

 

{FOCUS SUR L’ARTISTE: BRAÏTOU-SALA, ANNÉES FOLLES ET ART DÉCO}

Né à La Goulette, Albert Sala dit Braïtou-Sala (1885-1972) quitte sa Tunisie natale pour Paris en 1901. Élève, à l’Académie Julian, d’Adolphe Déchenaud, d’Henri Royer et de Paul-Albert Laurens, il remporte en 1916 le prix du portrait et s’impose, dans ce genre, comme l’un des plus grands spécialistes de l’entre-deux-guerres. Exposant au Salon des Artistes Français à partir de 1913, il y obtient la médaille d’argent en 1920 ; les oeuvres, et notamment les portraits, qu’il envoie chaque année par la suite, sont très appréciées et remarquées par la presse du temps, notamment par L’Illustration qui offre au peintre à maintes reprises sa couverture.

De 1919 à 1939, célèbre dans le Tout Paris mais aussi dans certaines capitales étrangères, Braïtou-Sala signe plusieurs centaines de portraits mondains et organise dans son atelier, à l’occasion de leur vernissage, d’importantes réceptions. Grâce à l’entremise, dès 1919, de son ami Alex Johanides, archiviste à la Comédie-Française, sa clientèle compte très tôt quelques-unes des plus grandes actrices de l’époque (parmi lesquelles Renée Corciade, Jane Faber, Cléo de Mérode ou Renée Falconetti) mais aussi la cantatrice de l’Opéra de Paris Marthe Chenal, ainsi que plusieurs figures de la haute société parisienne et bientôt américaine.

De 1936 à 1939, c’est aux côtés de Picasso, Dufy, Braque, Chagall, Matisse, Derain ou Gromaire, qu’il représente la France à l’Exposition Internationale qui se tient au Carnegie Institute de Pittsburghs. Profondément meurtri par la disparition d’une grande partie de sa famille dans les camps de concentration nazis, Braïtou-Sala quitte Paris pour le Sud-Est de la France au début des années 1960 et meurt en 1972 à Arles dans un relatif oubli.

 

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Braïtou-Sala, Vénus, dite Vénus verte, 192, Huile sur toile. Don de la famille Sala en 2015. Courtesy of Roubaix, La Piscine, Musée d’art et d’industrie André Diligent

 

{L’EXPOSITION : L’ÉLÉGANCE D’UN MONDE EN PÉRIL // 19 Mars – 5 Juin 2016}

Associant aux rares toiles aujourd’hui en collections publiques (à Roubaix, Riom, Bordeaux, Beauvais et Boulogne-Billancourt) d’importantes œuvres demeurées en mains privées, l’exposition organisée à Roubaix (autour de la très sensible image de l’Enfant aux bretelles offerte par Françoise Sala en 2011) fait la part belle aux grands portraits mondains qui firent le renom de l’artiste dans le Paris des Années folles. Compositions très élégantes, saisissantes par la traduction virtuose des effets de matières et des jeux de lumière sur les étoffes des toilettes et les bijoux.

Elle évoque aussi les œuvres conçues dans l’intimité familiale, autoportraits et études de têtes d’enfants notamment, ainsi que les étonnantes relectures de thèmes bibliques ou mythologiques entreprises dès les années 1920 et réinvesties après guerre. Privilégiant des sujets susceptibles de mettre en exergue la beauté et la sensualité de la nudité féminine, le peintre attribue avec malice des canons et des coiffures très contemporains à ses Léda, Suzanne, Amphitrite ou Danaé, et transpose leurs aventures dans des environnements explicitement datés (parcs de châteaux à la française ou atelier du peintre notamment).

 

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Courtesy La piscine de Roubaix


{CAMPAGNE DE FINANCEMENT PARTICIPATIF POUR AGRANDISSEMENT}

« Plus belle piscine de France » hier, 5e musée de France et 7e « Monument préféré des

Français » aujourd’hui, imaginée pour accueillir 60 000 visiteurs par an à son ouverture, La Piscine reçoit en réalité environ 200 000 à 230 000 visiteurs chaque année. Après quinze ans de fonctionnement et de succès, les espaces du musée sont devenus trop exigus pour accueillir les visiteurs, développer convenablement les activités et exposer les collections, qui se sont fortement enrichies.

Si l’essentiel des travaux est financé par la Ville de Roubaix, l’Etat, la Région, la Métropole Européenne de Lille, le Cercle des Entreprises Mécènes de La Piscine et la Société des Amis du Musée, des financements supplémentaires sont nécessaires pour améliorer l’aménagement de trois espaces spécifiques.

La Piscine invite donc un large public à se mobiliser pour mettre en oeuvre trois projets passionnants : les salles du Groupe de Roubaix, les nouveaux ateliers de pratique artistique pour les jeunes publics et le patio de sculptures.

Le montant des travaux d’extension s’élève à 7,8M d’euros. Pour réaliser ce projet à la hauteur de ses ambitions, La Piscine espère réunir au minimum 200 000 euros grâce à la générosité des donateurs. Vous avez jusqu’au 31 Mars 2016 pour faire votre don.

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