Entretien avec Laure d’Hauteville, directrice de Beirut Art Fair.

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Partenaire de la 4 ème édition de la Beirut, Artsper a rencontré Laure d’Hauteville, fondatrice et directrice de cette foire dédiée à l’art de la région du ME.NA.SA. Pour Artsper, elle revient sur l’origine et les motivations de cette foire mais également sur  les projets en cours et les nouveautés de cette édition.

 

Artsper: Pourquoi avoir fait le choix, il y a quatre ans du Liban pour implanter une foire dédiée au ME.NA.SA ; une région aussi vaste et diversifiée?
J’ai eu la chance il y a 22 ans de pouvoir découvrir  le Liban et de pouvoir y résider.  J’y ai vécu 14 années intenses, durant lesquelles j’ai pu comprendre l’importance culturelle de ce pays situé au coeur du Moyen-Orient. Profondément attachée au pays du cèdre, j’ai toujours défendue la création artistique de ses artistes, et c’est avec satisfaction que je constate maintenant l’importance de  BEIRUT ART FAIR dans l’évolution de leurs visibilités sur la scène artistique l’internationale. Mais, BEIRUT ART FAIR ne s’attache pas uniquement à la découverte des artistes libanais et depuis quatre ans, chaque nouvelle édition permet de découvrir de jeunes galeries et de jeunes artistes émergents, qui nous étonnent et nous fascinent.

Depuis la genèse du projet, BEIRUT ART FAIR a toujours souhaité être une foire hybride, qui ne soit pas seulement concentrée sur les transactions commerciales, mais qui puisse également proposée un programme culturel riche et diversifié. BEIRUT ART FAIR est aussi le témoin de l’importance du dynamisme des collectionneurs Libanais réputés pour être les plus importants du monde arabe. Cette manifestation n’existerait pas sans eux, ni sans le soutien des  entreprises mécènes qui nous apportent leur confiance et nous soutiennent dans ce beau projet commun, qui est celui de la défense de la création émergente du ME.NA.SA. Avec des galeries provenant de 14 pays et présentant les travaux de plus de 500 artistes de nationalités différentes, la force de BEIRUT ART FAIR réside dans sa capacité à susciter des rencontres et des découvertes. 


A: Quelles sont les nouveautés prévues pour l’édition 2013 ?
Cette année, BEIRUT ART FAIR met l’accent sur le design contemporain libanais  avec notamment le « BLC DESIGN PLATFORM « , mais aussi aux photos journalisme de guerre avec  « GENERATION WAR », un espace parrainé par Marine Jacquemin, journaliste et grand reporter.
Le «South East Asia Pavilion» marquera une nouvelle étape dans le développement de BEIRUT ART FAIR, notons la participation d’une vingtaine d’artistes Malaisiens, Philippins, Indonésiens Thaïlandais et Singapouriens. « COLLECTIVE PERSPECTIVE » permettra d’avoir un nouveau regard sur cette création encore bien méconnue du grand public. De plus, nous nous associons à l’effervescence et au dynamisme culturel de la ville de Beyrouth, en organisant un parcours « hors les murs»: la BEIRUT ART WEEK. 25 œuvres, essentiellement des sculptures, seront exposées au cœur de la ville, citons notamment les oeuvres d’artistes majeurs de la scène  internationale telles que Mona Hatoum, Xavier Veilhan ou Matthew Monahan dont les œuvres proviennent de la collection de la Aishti Foundation ou encore le monumental crâne blanc, en bronze de Philippe Pasqua, qui sera exposé pour la première fois à Beyrouth.


A: Quelle est votre vision à long terme de la foire?
Nous souhaitons renforcer notre démarche d’ouverture à toutes les pratiques artistiques contemporaines et souhaitons  offrir une plus grande visibilité à tous ceux qui  contribuent à la culture artistique  du ME.NA.SA.  Pour autant, BEIRUT ART FAIR demeure en cohérence avec ses valeurs d’origine, notre exigence de qualité  et notre volonté d’échange et de partage reste notre principal challenge pour les années à venir.

 

A: Vous vous apprêtez à lancer Singapore Art Fair en 2014, pourriez-vous nous en dire plus ?
Nous sommes partis du constat que le monde arabe se tourne de plus en plus vers l’Asie, et réciproquement. La même volonté d’échanges et de découvertes anime les acteurs du marché de l’art dans ces deux zones géographiques.
Ils ont en commun, une dynamique, une créativité, des valeurs identitaires fortes et un intérêt pour les talents émergents prêts à acquérir une visibilité sur la scène artistique internationale. De plus, je tiens à vous souligner les excellents résultats obtenus en ventes aux enchères pour ces deux marchés depuis ces six dernières années. Les expositions organisées dans les musées, les galeries et les fondations témoignent également de cet engouement mutuel.C’est dans ce contexte, que nous avons créé cette année le « South East Asia Pavilion », qui sera appelé à se développer au cours des prochaines éditions.
Celui-ci annonce la naissance de SINGAPORE ART FAIR, le nouvel évènement que nous organisons du 27 au 30 novembre 2014. A l’occasion de cette première édition, un Pavillon Libanais rendra hommage à la création moderne et contemporaine de ce pays.

 

A: Sur un plan géopolitique, le ME.NA.SA est une région en plein bouleversement. Avez-vous ressenti un impact similaire sur la création artistique ces dernières années dans cette région du monde?
Effectivement,  les divers bouleversements géopolitiques ont bien évidemment fait évoluer les discours artistiques. Les artistes s’inspirent de leurs quotidiens, il était donc logique que la création se tourne vers des sujets plus sociaux, plus politiques …
Les artistes des régions du ME.NA.SA travaillent sur la notion d’identité, d’immigration, de convergences des cultures. Il est évident que les révolutions arabes ont permis une liberté d’expression, le street art a explosé dans certaines régions, la photographie, la vidéo les supports numériques sont des outils réactifs qui permettent aux jeunes générations d’artistes de faire circuler leurs œuvres en temps réel.


A: Quel est votre artiste coup de cœur, découvert lors des précédentes éditions d’Art Beirut ?
C’est difficile de n’en citer qu’un seul et j’ai eu de nombreux coups de cœur, Je peux vous nommer Simeen Faraht, Ayman Baalbaki, Abdel Rahman Katanani ou bien encore Agus Suwage, mais malgré toute l’affection que je peux porter à leurs travaux ils ne sont que le pâle reflet d’une création qui ne demande qu’à être découverte …


A: Êtes-vous vous même collectionneuse ?
Oui, je collectionne depuis très longtemps, je suis passionnée d ‘archéologie, mais aussi à l’art moderne et d’art contemporain.


A: Comment qualifierez-vous le projet Artsper ?
Trois mots me viennent à l’esprit pour le définir : Jeune, ambitieux et novateur.


A: Pouvez-vous nous fournir une wishlist d’une dizaine d’œuvres sur le site ?

Jean Pierre ATTAL

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Sabyl GHOUSSOUB

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L’ATLAS

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Leopold RABUS

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Massimo VITALI

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Bruno TIMMERMANNS

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James BARNOR

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Yves GELLIE

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Gohar DASHTI

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Yuriko TAKAGI

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