Dans l’atelier de…Théo Haggai

Rencontres - -

À l’occasion de l’exposition « Keith Haring, the political line » au Musée d’Art Moderne de Paris, Artsper part à la rencontre de Théo Haggai, jeune artiste de 22 ans, né à Paris, mais vivant à Aix-en-Provence et actuellement exposé à la Galerie Nicolas Hugo.

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Que voulais-tu faire quand tu étais petit ?

Je voulais être dresseur d’assiette puis un jour ma mère m’a dit que ça n’existait pas ! Mes parents sont comédiens donc au collège je me suis un peu dirigé dans cette voix, j’ai fait du théâtre 3-4 ans et ça m’a vite ennuyé, ça ne me correspondait pas. Je voulais jouer ce que mes parents jouaient, être avec eux. J’ai vite passé mon bac et puis je me suis intéressé à la photo.  Ça a commencé par des photos de soirées et de mes potes et puis peu à peu je me suis ouvert sur une autre culture, un autre média et j’ai découvert une vraie discipline artistique. J’ai enchainé sur une MANAA puis sur un BTS de communication visuelle.

Donc au final être artiste, c’était une vraie ambition, un rêve ou un coup de hasard ?

Je ne pense pas que je le voulais à l’origine mais j’ai été baigné dans cet environnement donc inconsciemment ça a forcément influencé mes choix.

Tu as commencé la photo en autodidacte mais en est-il de même pour le dessin ?

J’ai commencé le dessin en février 2012, c’est venu plus ou moins par hasard…je faisais des portraits, ça m’ennuyait et puis un jour j’ai dessiné ce bonhomme sur un coin de table et c’était parti !

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Comment tu te définis en tant que photographe ?

J’ai fait des photos qu’on peut qualifier de « mode » car c’était un univers qui m’inspirait mais je me suis vite rendu compte que beaucoup de personnes avaient bien plus de talent que moi dans ce domaine…J’aime l’aspect ultra-travaillé des photos de mode qui est en même temps en contradiction avec l’image naturelle que les photos peuvent renvoyer. Je me cherche toujours en tant que photographe, La Chapelle m’inspire tout autant que Newton. Mais de plus en plus, j’aime aussi me mettre en scène dans mes photos, jouer sur l’humour et  l’autodérision à travers des situations décalées et absurdes. Aussi, je pense à intégrer le dessin à certaines photos que je pourrai faire à l’avenir mais pour l’instant j’ai du mal à obtenir des images qui puissent me satisfaire pour les retravailler graphiquement.

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La photo, le dessin, la peinture, le stop-motion, ton travail a évolué très rapidement : quel est le médium qui t’intéresse le plus et comment vois tu l’évolution de ton travail ?

Au début le dessin me semblait vraiment être la finalité : j’aimais l’idée de pouvoir représenter ce que je voulais avec seulement un trait de crayon fin, du noir et blanc…Maintenant, je m’applique moins dans mes dessins car j’aimerai les agrandir, utiliser de plus grands formats avec de la peinture par exemple. Mon dessin se rattache donc plus à l’idée du croquis ou du brouillon en ce moment.  Après, certains dessins n’auront aucune valeur ajoutée à être transposés en peinture, les 2 médiums restent indépendants.

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Comment construis-tu ton travail au quotidien, qu’est-ce qui t’inspire ?

Quand j’ai commencé la photo, je voyais une image d’un grand nom et je me disais « tiens c’est pas mal, comment il a fait » et je tâtonnais après…j’arrivais rarement au même résultat mais ça me plaisait quand même. Pour mes dessins, le cinéma, différents livres et aussi quelques sites internet m’inspirent beaucoup, je vois une image, note quelques mots ou idées… Les semaines passent, je retombe sur ces mots couchés sur une feuille et je me dis « qu’est-ce que je peux en faire ? Qu’est ce que ça m’évoque ? Comment ce mot peut être illustré ? ».

On te compare souvent à Haring, qu’est-ce que ça te fait ?

Ça me fait peur ! Je n’ai pas peur d’être influencé par ce qu’il fait mais je ne veux surtout pas faire du mauvais Keith Haring inconsciemment. Pour l’instant, je n’ai pas une immense culture artistique, j’apprend chaque jours de nouvelles choses, et je ne demande que ça,  mais du coup je ne peux pas vraiment dire « je me retrouve dans tel artiste, je suis influencé par un autre, etc » Evidemment tout les « Grands » m’inspirent (Miró, Picasso, Basquiat, Haring, Pollock pour ne citer qu’eux). Au final, et pour l’instant, j’ai l’impression de ne pas être totalement inspiré, du coup je pense que ça me rend plus libre !

Haring et Basquiat ont souvent donné une connotation politique à leurs œuvres. Faire le choix d’utiliser un personnage récurrent et identifiable n’est pas anodin, est-ce qu’un jour tu voudras en faire le porte-parole de quelque chose ? Est-ce une figure libre ou tu lui donneras un jour un message à transmettre ?

Quand on fait de l’art et quand on le fait de cette façon, je pense qu’on n’a pas le choix, ça devient un symbole, presque un logo. On est obligé de mettre le personnage dans une situation particulière. Moi actuellement, quand je dessine mon personnage il est souvent dans un environnement calme ou mort… Dans quelques temps, il aura des opinions, des messages politiques et universels à transmettre. L’évolution graphique serait de créer un vrai univers, avoir un code couleur représentatif, des nouveaux personnages etc… Une représentation inconsciente du monde réel. Comme je l’ai dit plus haut, cette idée de message viendra plus tard, quand je serai un peu plus mature et expérimenté ! C’est bien beau de vouloir diffuser un message d’amour, de paix et d’eau fraîche mais encore faut-il avoir quelque chose de concret à dire.

 Ton bonhomme a déjà vu pas mal de choses, qu’est-ce que tu ne lui montreras jamais ?

Jamais ? Rien, il peut être n’importe où je pense, mon but c’est qu’il soit universel. Au pire, je lui cacherai les yeux ! Il ira là où on l’accueille, avec grande joie.

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Retrouvez les oeuvres de Théo Haggai à la galerie Nicolas Hugo jusqu’au 13 mai pour l’exposition « Ma Che Bella » et en vente sur Artsper toute l’année !

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