Photographier les stars : 4 maîtres et leurs méthodes

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La notion de célébrité est intrinsèquement liée à la diffusion de l’image de la personne concernée. En effet, que serait le star system sans toutes ces photos pour l’alimenter ? Sorte de photojournalisme, la photographie de star est apparue dès le début du 20ème siècle et était alors le seul lien qui existait entre le public et ses vedettes du moment. Qu’ils passent des heures en studio avec leurs sujets ou leur dérobent des images à un coin de rue, ces 4 photographes ont réussi à s’immiscer dans l’intimité des plus grandes célébrités et ainsi capturer leur essence… Le résultat ? Des photos qui nous permettent de mieux comprendre nos stars adorées – et de mieux les idolâtrer.  

 

{Tazio Secchiarolli, l’original paparazzo} 

Sophia Loren en pause lors du tournage de "Arabesque" (1966)

Sophia Loren en pause lors du tournage de « Arabesque » (1966)

Le mythe raconte que Secchiarolli aurait inspiré à Fellini le personnage Paparazzo du film “La Dolce Vita” (1960). Plutôt vraisemblable quand on sait que sa première une de quotidien était une photo de l’ex-roi égyptien Farouk avec deux femmes qui lui valut une bagarre avec le roi en personne.

En travaillant pour diverses agences de chronique, Secchiarolli se rend compte que les portraits classiques de star n’intéressent plus les éditeurs de magazine. C’est pourquoi il commence à prendre et à leur vendre des photos volées de ces célébrités, les mettant le plus souvent en scène dans des situations compromettantes. Faisant preuve d’un voyeurisme particulièrement osé pour l’époque, Secchiarolli gagne ainsi sa vie à chasser les images de personnalités connues dans le Roma des années 60. Allant des rues aux plateaux de Cinecittà, il se consacre ensuite au photo-reportage de cinéma. En 1963, il fait la rencontre de Sophia Loren et devient son photographe officiel – marquant le début d’une collaboration de 20 ans.

Vif et provoc’, Secchiarolli transforma la photographie “mondaine-à-scandale” avec des photos brutes et sulfureuses qui marquent les débuts de l’esthétique “paparazzi”.

 

{Sam Lévin, le photographe de studio par excellence}

Brigitte Bardot, the Towel Session (1959)

Brigitte Bardot, the Towel Session (1959)

 D’originie ukrainienne, Sam Lévin fait ses preuve en tant que photographe de plateau pendant l’age d’or du cinéma français. Il travaille notamment avec Jean Renoir et ouvre en parallèle un studio de photo où ils tirent des portraits plus personnels des vedettes de cinéma qu’ils côtoient sur les tournages. Après la deuxième guerre lors de laquelle il est obligé de fuir Paris, il reprend la photographie de plateau d’abord à Nice puis de nouveau dans la capitale. Néanmoins, il se consacre davantage aux portraits de studio et photographie toutes les grandes stars du moment, dont l’incontournable Brigitte Bardot. Les clichés qu’il fait de la jeune actrice contribuent à forger le mythe avec quelques images désormais iconiques. Les acteurs de renom se suivent dans son studio et il voit ses photos diffuser bien au delà du territoire français. Au total, sa collection compte 600 000 clichés.. Plus remarquable encore est le nombre de personnalités qu’il a photographié : 6000 !

Véritable portraitiste de star et sans doute premier dans son genre, Sam Lévin savait apprivoiser ses sujets et les sublimer avec des photos pleines de sensibilité.

 

{Ron Galella, le « roi des paparazzis »} 

Windblown (1971)

Windblown (1971)

 Durant ses 20 ans de carrière dans le milieu, Ron Galella n’a vécu que pour les stars américaines qu’il photographiait à tout prix. Débuts improbables : il découvre la photographie à l’Armée pendant la Guerre de Corée. Une fois rentré aux Etats-Unis, il poursuit ses études dans le photojournalisme, à Los Angeles, où il découvre les étoiles et paillettes de Hollywood. D’emblée fasciné par ce monde, c’est alors qu’il commence à prendre en photos les stars, usant de son impudence pour s’inviter aux avant-premières et autres événements privés.

Madonna, Elvis Presley, Andy Warhol, Robert Redfort… Personne n’échappe au redoutable objectif de Galella. Il s’acharne particulièrement contre sa “golden girl”, Jackie Kennedy, obsession qui lui vaudra 2 procès et l’interdiction ferme de l’approcher à moins d’une centaine de mètres. Avec Marlon Brandon, la confrontation est plus brutale… L’acteur lui donne un coup de poing et casse sa mâchoire. Quelques heures plus tard, Galella est de nouveau sur ses pieds. A sa prochaine rencontre avec Brando, sans doute conscient du coup de pub conséquent, il porte un casque de football en guise de précaution.

Bien que controversé, Galella a rendu les paparrazzi essentiels à l’industrie showbiz. Avec ses photos exceptionnelles, il a surtout nettement contribué à faire de cette photographie à l’arrachée un métier presque noble.

 

{Annie Leibovitz, une portraitiste hors pair}

Whoopi Goldberg (1984)

Whoopi Goldberg, Berkeley, California (1984)

Photographe américaine spécialisée dans la portraiture de célébrités, Annie Leibovitz sait mettre en valeur tout le glamour de ses sujets. Elle fait ses débuts au magazine Rolling Stone où elle travaille de 1970 à 1983. C’est pendant une tournée des Rolling Stones qu’elle développe sa technique caractéristique : employer des couleurs vives avec des poses inattendues. Sa photo iconique de John Lennon nu, en foetus, enlacé autour de Yoko Ono, elle toute vêtue de noir, (et ce juste avant son assassinat) en est la plus belle illustration. A Vanity Fair, qu’elle rejoint en 1983, Leibovitz fait défiler sur ses plateaux le gratin international : la reine Elizabeth, Barack Obama, Baryshnikov, Nelson Mandela. Ses mises en scènes extravagantes coûtent aux magazines des sommes astronomiques. Cela ne l’empêche pas de cumuler une collection de plus de 200 portraits de stars. 

Dans les limites d’un cadrage plutôt classique, Leibovitz recourt à des mises en scène théâtrale et des éclairages contrastés pour révéler toute la grandeur de ses sujets. Sa patte fait aujourd’hui d’elle une des photographe de stars les plus reconnus et convoités.

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