NEW YORK EN 4 EXPOSITIONS

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Paris-New York, 7h52 de vol, 6h de décalage horaire, et seulement cinq minutes de lecture pour se tenir au courant de l’actualité artistique de la Grande Pomme.

Plus que quelques jours :

Le travail de Louise Nedelson est déroutant, par l’actualité de ses sculptures murales et par l’histoire que celles-ci véhiculent. Arrivée aux Etats Unis en 1924, l’artiste russe ne perd pas son habitude de piocher, ici et là, bouts de bois et éléments de récupération, qu’elle place dans des caissons en bois, et qu’elle repeint d’une seule et même couleur. Sa palette, généralement composée du gris au marron, sublime ses oeuvres qui étonnent par leur cohérence et la transfiguration de ces composants en matériaux nobles. La Pace Gallery présente ici des œuvres, dites “environnements”, encore plus inattendues. Les pièces murales sont plus déstructurées qu’à l’ordinaire, et d’autres, beaucoup plus sages, apparaissent comme des peintures abstraites tri-chromiques, comme preuve de la rigueur que l’artiste s’est imposée toute sa vie. L’élégance de ces planches de bois peintes nous fait voyager dans le temps, imaginant cette jeune immigrée russe, un foulard constamment noué dans ses cheveux, devenue l’assistante de Diego Rivera lors de son exécution de la fresque du Rockfeller Center, évoluer en l’une des plus grandes artistes d’influence cubiste, devenant elle-même source d’inspiration pour les artistes conceptuels, mais aussi pour ceux du mouvement féministe.

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Louise Nevelson /Collage and Assemblage

Pace Gallery

534 West 25th Street

New York NY 10001

24 Janvier – 28 Février 2015


Ça vient d’ouvrir :

Larry Gagosian a encore frappé fort avec l’ouverture, dans deux de ses espaces new-yorkais, d’une exposition consacrée aux studios d’artistes. Thème délaissé des sujets d’histoire de l’art et pourtant essentiel, car lieu de gestation et de fécondité créative, l’atelier a été l’occasion pour l’artiste de s’exercer, d’étudier, mais aussi de révéler son intimé. Dessiner, photographier ou peindre son lieu de création, c’est donner à voir sa personnalité, c’est révéler et partager un peu de son âme. La Galerie nous permet aujourd’hui d’entrer dans ces espaces confidentiels. Chaque oeuvre présentée est d’une qualité exceptionnelle: Picasso, Motherwell, Rauschenberg, Diebenkorn, mais aussi Chardin, Daumier, Ensor ou Rivera… Au fil des salles, nous déambulons dans de nouvelles atmosphères: fantasmes du peintre en plein élan créatif (Jacek Malczewski, Melancholia, 1890-94), détails de lavabo (Lucian Freud, Two Japanese Wrestlers by a sink, 1983-87), ou mur d’inspirations (Robert Rauschenberg
, Small Rebus, 1956), chaque artiste révèle, à leur manière et toujours dans leur propre style pictural, ce lieu singulier.

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In the Studio: Paintings

Gagosian Gallery

West 21st Street, New York

17 février – 18 Avril 2015

À ne pas rater :

Qui ne connaît pas la fameuse étagère BookWorm de Ron Arad ? Connu pour le détournement d’objets du quotidien en pièce de design à la frontière de l’art contemporain, l’artiste israélien l’est moins pour ses œuvres d’art. Malgré tout, ce n’est pas sans surprise que son exposition In Reverse à la Galerie Paul Kasmin sidère tous les passants de la 27ème rue à Chelsea : sept anciennes Fiat 500, comme dans un herbier où on aurait glissé des fleurs entre ses pages, ont subi une compression telle que les jolies voitures italiennes se retrouvent compactées sur les murs de la galerie. Entre 2D et 3D, les voitures apparaissent de telle manière qu’elles se dévoilent à nous dans son intégralité et de toutes ses dimensions. Tour de force épatant, c’est un spectacle remarquable que Ron Arad nous donne à voir, simplement, modestement, mais de manière magistrale.

À ne pas rater, au fond de la galerie, une vidéo fascinante entièrement digitale d’une voiture au moment de sa compression. Entre le vintage et la technologie, l’équilibre est parfaitement trouvé !

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Ron Arad, In Reverse

Paul Kasmin Gallery

515 West 27th Street, New York

12 Février – 14 Mars 2015

 

L’oeuvre coup de coeur

Analia Saban étonne depuis plusieurs années les amateurs et collectionneurs. Lauréate de la première édition du Rubin Prize en 2012, elle a été remarquée pour son travail sur ses expérimentations de medium et sa recherche d’alchimie en photographie et en peinture. Mais arrêtons nous sur une pièce qui mérite une plus profonde attention : il s’agit de Draped Marble, un ensemble de tréteaux de bois, où reposent, comme des draps déposés là par hasard, des plaques de marbre dont la fluidité en est presque palpable. Cette antithèse entre la rigidité du matériau et la malléabilité de celui-ci suscite une fascination déconcertante. La transmutation de la pierre au tissu est d’autant plus pertinente qu’elle projette cette expérimentation, par l’artiste, de la matière, jusqu’à la recherche de ce qui compose, intrinsèquement le marbre, voire la sculpture elle même.

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Analia Saban : Backyard

Tanya Bonakdar Gallery

521 West 21st Street New York

19 Février – 21 Mars 2015

 

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2 Commentaires


Claire Phillips

Publié le 09 mars 2015, 09h58

Merci !!

Jean Dupuy

Publié le 27 février 2015, 15h26

Très bon article. On le lit et on veut voir… Tel est l’objectif de l’article et il est atteint.

A suivre avec attention

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