LES 10 ARTISTES AMÉRICAINS VIVANTS LES PLUS CHERS

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Pour les outsiders, le monde de l’art contemporain aujourd’hui, ce sont les records de vente à répétition, les grandes opérations com’ et le star system, du moins dans les plus hautes sphères de ce milieu…. A l’occasion de la publication par le magazine Artnet d’une liste des 10 artistes américains vivants les plus chers du marché sur la base des ventes des grandes maisons de ventes aux enchères entre 2005 et 2015, Artsper et Achetez de l’Art a décidé de regarder ces 10 artistes -très probablement- millionnaires de plus près. Sur ces 10 artistes, pas de ligne directrice unique quoi que la tendance soir majoritairement aux grands tenants du pop’art moderne et contemporain, des artistes de la même génération et qui se connaissent, voire ont collaboré. A côté de cela, quelques autres se distinguent par leur affiliation au courant conceptuel et leur démarche très expérimentale.  

 

{1. JEFF KOONS}

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Le premier de cette liste est, sans surprise aucune, le roi du kitsch américain Jeff Koons, depuis l’achat d’un de ses « Balloon Dog » par l’homme d’affaire américain Peter Brant pour la modique somme de 58,2 millions de dollars.

Né en 1955 en Pennsylvanie, il a fait des études d’art au Maryland Institute College of Art de Baltimore, ce qu’on oublie souvent au profit de ses débuts professionnels comme courtier en bourse à Wall Street – quoi que cet élément biographique soit sans conteste révélateur du personnage.

Dans la lignée de Duchamp, Jeff Koons pratique le détournement d’objets quotidiens dès ses débuts artistiques et s’inspire également énormément d’Andy Warhol dans l’imagerie pop’art et la création d’une image publique sulfureuse.

Ses thèmes de prédilection sont l’enfance (et plus particulièrement les jouets), et les mythes et légendes de la culture de masse combiné à la mise en échec des notions de « bons goûts ». Comme le commentait brillamment les panneaux explicatifs de la rétrospective que le Centre Pompidou lui consacrait en 2014-2015, Jeff Koons réussit avec brio le paradoxe d’être un des artistes contemporains les plus controversés tout en faisant l’art le plus consensuel. Si le produit fini ressemble à un art à l’abord facile, la démarche qui le sous-tend est pourtant résolument provocatrice : Jeff Koons retourne le cliché de l’œuvre d’art comme la matérialisation d’une essence spirituelle et expressive émanent d’un individu unique en faisant de l’art à base d’un répertoire de valeurs conventionnelles de la classes moyennes américaines.

L’artiste se proclame par ailleurs « concepteur » et délègue le travail de production à une équipe de techniciens. Pour lui, l’intervention de l’artiste dans le processus de production n’est pas essentielle, la communication autour de l’œuvre produite, elle par contre, l’est.

 

{2.CHRISTOPHER WOOL}

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Christopher Wool est né en 1955 à Chicago et commence à se faire connaître dans les années 1980. Il est particulièrement connu pour ses peintures de grand format représentant des lettres noires réalisées au pochoir sur toile blanche, et pour son questionnement du procédé pictural. L’œuvre de Chrisopher Wool joue sur la tension entre acte créateur et destructeur, geste et suppression du geste, profondeur et surface. Il applique couches de peintures sur couches de peinture pour faire disparaître des éléments préexistants de l’œuvre. Ainsi celle-ci se définit souvent d’avantage pour ce qu’elle n’est pas, ou pour ce qu’elle a effacé que, pour ce qu’elle montre.

Son esthétique est entre pop’art et art conceptuel : application de méthodes de l’art minimal et conceptuel allié à une esthétique du détournement et de la répétition.

A partir des années 2000, il développe une imagerie plus complexe en associant techniques sérigraphiques et peinture à la main dans une grande liberté formelle.

Christopher Wool a travaillé avec Richard Prince, un autre artiste de ce top 10.

{3.RICHARD PRINCE}

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Richard Prince est né en 1949 dans la zone américaine du Canal de Panama.

Il commence sa carrière artistique dans la « Pictures Generation » aux côtés de Cindy Sherman, Robert Longo, Barbara Kruger ou encore Jeff Koons : une génération de jeunes artistes arrivés à la majorité en 1970 et désillusionnés par les transformations politiques et sociales suite à la guerre du Vietnam et au scandale du Watergate.

Richard Prince appartient au mouvement de « l’appropriation art » qui se définit par la stratégie artistique consciente et orchestrée d’un artiste de copier les travaux d’autres artistes, ce qui en fait un genre artistique et non un simple plagiat. Dans ses œuvres, Richard Prince se réapproprie et recycle les images des média de masse, de la publicité et de la culture populaire, par exemple en photographiant des photographies, les recadrant, les sérigraphiant ou les réorganisant. Son oeuvre questionne et redéfinit ainsi le concept d’auteur et d’aura de l’artiste.

 

{4.ED RUSHCA}

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Ed Ruscha est né en 1937 dans le Nebraska et à s’installe à Los Angeles en 1956, où il commence à faire parler de lui sur la scène artistique en faisant des collages dans le style de Jasper Johns et de Robert Rauschenberg.

Son œuvre est associée au pop’art car il puise son inspiration dans la société actuelle, la publicité et la culture de masse. Jasper Johns joue avec les images et les mots et sa démarche est provocante en même temps qu’elle témoigne d’un gout pour l’absurde. Il utilise cependant beaucoup de matériaux non-conventionnels comme de la poudre à canon, des aliments, des substances organiques comme le sang, du jus de légume ou encore du lierre. Ses médiums de prédilection sont la peinture et la photographie.

{5.JASPER JOHNS}

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Né en 1930 en Géorgie, Jasper Johns est l’un des initiateurs du mouvement pop’art. Il rencontre Robert Rauschenberg en 1954, avec lequel il se lie et expérimente de nouveaux styles. Il marque le retour au figuratif après la période de l’expressionnisme abstrait.

En 1958, il est repéré par un grand marchand d’art new yorkais Léo Castelli et organise sa première exposition personnelle lors de laquelle il présente ses tableaux à la cire représentant des drapeaux, des cibles et des nombres. Ses toiles sont bidimensionnelles et représentent des objets familiers, deux aspects caractéristique du pop’art -qu’Andy Warhol consacrera dans les années 1960.

Il rencontre Marcel Duchamp dans les années 1960, et se lance après ça dans la sculpture d’objets ordinaires tels que des ampoules électriques ou des boites de bières, exploitant ainsi la veine du ready-made.

 

{6.WAYNE THIEBAUD}

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Né dans l’Arizona, en 1920, Wayne Thiebaud commence sa carrière artistique comme dessinateur dans les studios Disney, ce qui lui fit adopter un style réaliste stylisé dont il ne se départit jamais. Ce n’est qu’à l’âge adulte qu’il retourna à l’université pour étudier les Beaux-Arts. Il passe alors une année à New York où il s’immerge dans la scène artistique locale et rencontre des artistes clefs de l’époque comme Willem de Kooning, Jasper Johns et Robert Rauschenberg.

Il commence alors à appliquer ses techniques de dessinateur publicitaire à sa propre création et peint des toiles représentant des produits alimentaires dans des couleurs acidulées : gâteaux, tartes, bonbons ou cônes de glace. C’est seulement en 1961 que sa carrière décolle, quand il rencontre le galeriste new yorkais Allan Stone, qui devient son représentant exclusif et son ami.

Il fit partie de la première exposition pop’art aux Etats-Unis organisée au Pasadena Art Museum, en 1962, aux côtés d’Andy Warhol, de Jim Dine et Roy Lichtenstein, ce qui le fit entrer dans l’histoire.

Wayne Thiebaud ne se conforma jamais entièrement à la mouvance pop’art, caractérisée par la critique et la parodie de la société de consommation. Au contraire, l’art de Thiebaud, loin d’être critique, embrasse et porte aux nues l’imagerie classique américaine. Il préfère d’ailleurs se décrire comme un peintre traditionnel et illusionniste: il est également très connu pour ses peintures de paysages naturels, toujours dans un style réaliste.

 

{7.ROBERT RYMAN}

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Robert Ryman est né en 1930 dans le Tennessee. C’est en travaillant comme agent de sécurité au MoMa pendant 7 ans qu’il développe un intérêt pour l’art.

Son œuvre est en forte réaction à l’expressionisme abstraite et souvent associé à l’art conceptuel. Ses peintures tendent au strict minimum : dès le départ et pour toute sa carrière, il adopte le format de la peinture blanche sur carré blanc, le tout manipulé sur des surfaces et des échelles différentes. Ryman a voulu prouver que la complexité visuelle pouvait être obtenue en utilisant une gamme de moyens très réduits. Ryman s’intéresse à l’application même de la peinture : châssis, nature du support, opacité etc. La relation de l’œuvre au mur sur lequel elle était accrochée est également partie prenante de l’œuvre. A partir de 1976, il commença à intégrer le système de suspension de l’œuvre à sa composition. Proche de l’art minimal, l’œuvre de Ryman s’en distingue par l’importance accordée à la surface peinte et à la touche de l’artiste. Paradoxalement, il se déclare « peintre réaliste » et rejette la distinction entre réalisme et abstraction.

Ce qui définit sa pratique c’est l’expérimentation, puisque Ryman a travaillé avec toutes les techniques : huile, pastels, crayons, acrylique, gouaches ; et sur tous les supports, toiles, cuivre, émail, papier-peint, aluminium etc. C’est le changement de ces variables qui donne une diversité étonnante au rendu de ces œuvres dont le principe reste pourtant inchangé !

 

{8.FRANK STELLA}

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Frank Stella est né en 1936 dans le Massachussetts. Après avoir étudié l’histoire de l’art à Princeton, il s’installe à New York où il découvre l’œuvre de Jasper Johns et s’inspire de ses lignes et cercles géométriques. Dès 1960, la célèbre galerie Leo Castelli lui consacre une exposition solo et le représente par la suite.

Dès 1970, le MoMa lui consacre une rétrospective. Pendant la décennie suivante, Stella introduit du relief dans son œuvre, qu’il appelle alors « maximaliste » pour sa qualité sculpturale. Il se met notamment à utiliser du bois et de l’aluminium dans ses œuvres, et évolue vers des peintures très élaborées, voire baroques, par rapport à ses débuts minimalistes.

Ses œuvres deviennent de plus en plus tridimensionnelles, avec le recours au collage et aux maquettes reproduites à plus grandes échelles à l’aide d’assistants, de cutters en métal industriels et de technologies numériques.

Dans les 1990, il se lance dans des projets architecturaux pour des espaces publics : en 2001, une sculpture monumentale de Stella a été installé dans le jardin de la National Gallery à Washington.

 

{9.ROBERT INDIANA}

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Né en 1928 dans l’Indiana, Robert Indiana, de son vrai nom Robert Clark, s’installe lui aussi à New York après ses études et prend part au mouvement pop’art. Principalement connu pour ses sculptures et peintures LOVE –exposées pour la première fois en 1966- l’intérêt de l’artiste pour les problématiques sociales et politiques le distingue des autres artistes du pop’art. « LOVE » fut très vite adopté comme emblème de la « Love Generation » américaine des années 1960 et a depuis fait le tour du monde, et été décliné dans plusieurs langues.

Le format de ses œuvres est inspiré des panneaux routiers qui ont particulièrement marqué son enfance. Dès le début, il utilise des couleurs franches, voire agressives, présentant une ressemblance visuelle avec le style graphique des panneaux routiers disposés le long des autoroutes.

Ses œuvres sont des comme des commentaires de la vie et de la culture américaines. L’american dream est un thème récurrent de son œuvre, qu’il critique comme il l’encense. Son œuvre explore l’identité américaine, sa propre histoire mais également le pouvoir du langage et de l’abstraction.

Dans ses peintures et sculptures, il confère un sens plus profond à des verbes usuels comme « Manger », « Mourir » ou « Aimer ». Représentés en majuscules et couleurs vives, ils semblent enjoindre le spectateur à les considérer sous un jour nouveau.

{10.CINDY SHERMAN}

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Cindy Sherman est née à New York en 1954. Elle se consacre très tôt à la photographie, qu’elle considère comme le medium le plus approprié dans notre civilisation dominée par l’image et les médias. Ses photographies questionnent précisement le statu de l’image et sont depuis le début des portraits d’elle-même mise en scène dans une infinité de scénarios différents et parodiant les stéréotypes féminins. Ses personnages et décors sont inspirés de la culture populaire : vieux films, série télévisé, ou magazines.

Sa première série « Film stills » traite de l’image de la femme dans le cinéma des années 50: il s’agit d’une série pour laquelle elle incarne des icônes du cinéma telles que Sophia Loren ou Marilyn Monroe, et qui la porte immédiatement aux nues.

L’atmosphère de ses photos va du contemplatif au suggestif en passant par l’effrayant, le décadent ou le grotesque.

Sa démarche porte le message ironique selon lequel la création artistique est impossible sans le recours aux clichés qui façonnent notre identité : l’identité est toute dans l’apparence, et non dans la réalité, une approche imprégnée du pouvoir actuel de la télévision et de la publicité.

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