3 Expositions à voir à New York

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Paris-New York, 7h52 de vol, 6h de décalage horaire, et seulement cinq minutes de lecture pour se tenir au courant de l’actualité artistique de la Grande Pomme.

 

Les petits nouveaux : Open Studio à la Parsons

William Merritt Chase fait rêver plus d’une jeune fille, qui admire l’esprit rêveur les paysages champêtres et les robes légères de ses toiles. Ce peintre a non seulement apporté aux Etats Unis un des plus grand talent impressionniste, mais il a également doté New York de la plus célèbre école d’arts appliqués : la Parsons.

Cette école de design, photographie, peinture et arts graphiques a l’avantage de proposer à ses étudiants comme au grand public une programmation dynamique –  expositions, rencontres avec des artistes et autres activités – qui prouvent encore une fois les opportunités multiples qu’offre la ville en matière culturelle.

Le 19 Mars dernier, la Parsons a ouvert ses ateliers aux curieux pour exposer les quelques jeunes artistes prochainement diplômes. Maîtrisant parfaitement leurs média, grâce à un matériel toujours plus innovant, les étudiants ont présenté des travaux toutefois inégaux, tant sur le fond que sur la forme. Cependant, certains ont bien du talent, et malgré un accrochage de bric et de broc, ils arrivent à capter subtilement notre attention. Cecilia Meziulic, entre l’ascenseur et la première salle de cours, propose en quatre tirages une vision poétique d’un environnement isolé. Alliant filtres et matériaux désolés, elle sublime le tout très simplement en les mettant en scène : un tronc d’arbre dans la neige se voit illuminé par une feuille de plastique jaune, un socle de bétons est revêtu d’un papier argenté…. La jeune photographe illustre alors la figure d’une artiste qui esthétise son univers.

Dans une autre salle, Zhonglia Sun fait de son corps une gourmandise. Tout objet du quotidien devient accessoire, et notre corps est finalement bien plus imposant que l’on ne se le laisse penser : elle met en scène un corps géant, trop grand face à ce qui nous entoure, et peut-être trop imposant à nous même pour que nous puissions pleinement le maîtriser. Toutefois, cette jeune photographe n’en fait pas une fatalité, mais aborde avec le sujet du corps humain comme terrain de jeu. Enfin, Alex Kwok cherche sa place dans la photographie de nus. Il parvient à rendre un travail sur la fusion de la chair, sans tomber dans les clichés ou la vulgarité. Un travail qui mérite d’être suivi de près, lorsque ce très jeune photographe aura trouvé son propre chemin photographique.

 

Le pensif: Kelley Walker 

Recyclage, appropriation, mémoire et collage. Quatre mots qui pourraient illustrer à eux seuls le travail de Kelley Walker (américain, né en 1969). Installés dans la sublime galerie de la 21e rue, ses grandes toiles tapissent les murs comme une deuxième peau, à l’image d’une reconstitution historique de  la ville de New York. Celles-ci sont composées de briques blanches sérigraphiées, collées de façon arbitraire et inégale sur des coupures de journaux d’un magazine de design italien. Douze tableaux pour les douze mois de l’année 2012, l’oeuvre fonctionne comme un ensemble en résonance, sorte de marqueur temporel. Grâce à une palette très simple – bleu, rouge, vert, jaune – ces toiles sont comme une fenêtre difficilement perceptible de notre mémoire collective et de l’omniprésence des média de masse. L’imbrication des briques et des ses papiers brillants permettent au visiteur de recréer leur propre vision de ces tableaux, en imaginant les pièces manquantes des photographies scellées à la brique.

 Kelley Walker

March 3 – April 18, 2015

Paula Cooper Gallery 

534 West 21st Street New York

 

Le coup de coeur : James Sienna 

Il est possible de se perdre dans les peintures de James Siena. Notre esprit divague et nos yeux sont obnubilés par ses motifs hypnotiques. Des dédales et méandres visuels se construisent au fil des coups de crayons, des traits aux pinceaux fins et des couleurs excentriques. Et il est intéressant de voir comment ce peintre a réussi à retranscrire cette peinture labyrinthique au sein de ses sculptures en bois et en bronze, exposées pour la première fois à la Pace Gallery. Et c’est un pari réussi : les sculptures sont bouleversantes par leur légèreté et leur ingéniosité. Les ombres portées deviennent des oeuvres en soi, avec un jeu sur les différentes dimensions de l’oeuvre.

Les petites maquettes cohabitent parfaitement avec les plus grandes sculptures et le bronze conversent délicatement avec le bois. Il s’agit moins là de labyrinthes, mais d’expérimentations de la nature et de l’architecture, qui de tout temps ont été le propre de notre environnement. Des brindilles aux branches d’arbres, celles-ci sont emprisonnées dans une structure subtile qui ne vampirisent pas cette nature, mais cohabite avec elle, en fait son socle, sa base. Si James Sienna conceptualise ces oeuvres sculpturales comme ses peintures et utilise la même rigueur dans sa méthode, il a mis pour la première fois en oeuvre de nouveaux outils pour pouvoir monter ensemble ces structures, notamment pour lier les éléments entre eux sans les toucher de ses propres mains. Bref, ce travail est beau, fascinant, déroutant…

James Siena

New Sculpture

Mar 27, 2015 – Apr 25, 2015

Pace Gallery

508 West 25th Street New York

 

 

L’experience: Last Tomorrow

 

Norman Swann a décidé de quitter Londres. Il n’a plus foi en son travail. Il est devenu hésitant, confus, désorienté, ne sachant plus quel trait tirer, quel mur construire. Plus d’inspiration. Plus de clients aussi. Les temps sont durs pour les architectes.

C’est pourquoi il a pris la décision de partir de sa terre natale pour s’installer dans un petit appartement de l’Upper East Side, sur Madison. Dans cette chambre où l’atmosphère lourde de souvenirs se mélange à la désillusion d’un architecte vieillissant, Norman Swann laisse la trace d’une vie pleine de regrets et de peines.

L’histoire de Norman Swann est celle de la vie d’un homme qui a grandi hors de son temps, dans une Europe proustienne qui n’a pas su suivre le rythme débordant du monde contemporain. Norman Swann est ce rêveur que nous sommes tous, qui admire avec nostalgie ses souvenirs et ce qui l’a construit en tant qu’homme. Norman Swann fait peur en même temps qu’il fascine. On a envie de fouiller dans ses livres, sa bibliothèque, regarder ses albums et toucher sa couette. Mais on a aussi envie de fuir cet environnement étouffant, trop hors du temps pour y être totalement à son aise.

Alors si vous passez par Madison Avenue, venez-faire un tour dans cet univers inventé par le duo d’artistes scandinaves Elmgreen et Dragset, pour un retour en arrière troublant et une enquête passionnante sur l’histoire et l’identité de ce mystérieux personnage.

ELMGREEN & DRAGSET 

Past Tomorrow

Apr 16 – May 23, 2015 

Galerie Perrotin

909 Madison Avenue New York

 

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