10 choses à savoir sur Jackson Pollock

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Dépasser les limites du médium, telle est l’attribution indéniable de Jackson Pollock (1912-1956), père de l’expressionnisme abstrait, pape du non-conventionnel, et progéniteur des « all-over ». En hissant New York au rang de capitale artistique mondiale à l’aube des sixties, le peintre ne s’est pas contenté de tracer des traits formels, mais les traits d’une tranche d’Histoire.

Afin de cerner une figure insaisissable, Artsper retrace 10 clefs élémentaires de l’oeuvre polockienne.

 

#1  « Jackson », un pseudo adopté tardivement

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Nom de naissance : Paul
Pseudonyme : Hugo
Surnom : « le premier briseur de glaces » par William De Kooning, Jack the dripper
Adopté en 1930 : Jackson

 

#2 Il a d’abord pratiqué la sculpture avant la peinture 

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Jackson Pollock, “Untitled” (1956)

#3 Par le biais de la collectionneuse Peggy Guggenheim, Pollock infiltre le monde de l’art

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Peggy Guggenheim and Jackson Pollock in front of Mural. © Photo George Kargar


#4 
Grâce aux théories de Clément Grennberg, sa renommée atteint son essor

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The Irascibles protest their exclusion from a New York exhibition in 1950. Back row: Willem de Kooning, Adolph Gottlieb, Ad Reinhardt, and Hedda Sterne; middle row: Richard Pousette-Dart, William Baziotes, Jackson Pollock, Clyfford Still, Robert Motherwell, and Bradley Walker Tomlin; front row: Theodoros Stamos, Jimmy Ernst, Barnett Newman, James Brooks, and Mark Rothko. Photographed by Nina Leen, © Getty Image

« L’art pictural moderniste, plus explicitement décoratif, attire davantage l’attention sur les qualités physiques, immédiates de la peinture », écrit Clément Greenberg, dans  Art et Culture, Macula, p. 77, arbitre d’une bataille sans merci dans les théories de l’art du XXème siècle mais surtout père de la critique d’art moderne, fervent défenseur de l’expressionnisme abstrait et de Jackson Pollock.

 

#5 Ses oeuvres expressionnistes associent deux influences : une tendance formaliste et surréaliste

Image property of the Albright-Knox Art Gallery, Buffalo, NY.

© Jackson Pollock Blue poles 1952. oil, enamel, aluminium paint and glass on canvas 212.1 x 488.9 cm. Image property of the Albright-Knox Art Gallery, Buffalo, NY.

 

#6 Sa pratique créative revêt des vertus curatives

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Optant pour une toile à même le sol à défaut d’un chevalet, le peintre troque le pinceau pour son corps. Par une méthode d’écoulement et de déversement (dripping), Pollock s’agite frénétiquement pour créer la symbiose entre les couleurs et la texture.

Le processus physique est au service d’effets psychiques auxquels le spectateur prend part. En guise d’anecdote, Jackson Pollock subit un traitement psychiatrique afin de traiter son alcoolisme, un traitement incluant des sessions avec le psychanalyste Joseph L. Henderson ainsi que le docteur Violet Staub de Laszio. Tous deux utilisaient les dessins de Pollock, ses all-over, comme moyen thérapeutique.

 

#7 Il puise son inspiration dans la culture chamanique en propageant un souffle mystique

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Jackson Pollock, La Profondeur, 1953

« Soucieux de représenter la dangereuse vacuité de cette société et d’indiquer de possibles moyens de la transformer, Pollock s’inspira des puissances et des images de l’inconscient, et puisa dans la richesse culturelle du monde, dans son passé comme sa modernité. Il fit appel à de nouvelles sources de transformation spirituelles, délaissées par la société industrielle urbaine », souligne Stephen Polcari, professeur d’Histoire de l’art à la Chapman University, lors de l’exposition Jackson Pollock et le chamanisme à la Pinacothèque de Paris en 2008.


#8 
Albert Pinkham Ryder, son peintre de prédilection

1280px-Albert_Pinkham_Ryder_-_Moonlit_Cove_-_Google_Art_ProjectAlbert Pinkham Ryder, Moonlit Cove, 1880

 

#9 Hans Namuth et ses films façonnent le mythe Pollock

 

« Les photographies et les films de cette gestuelle prises par Namuth s’associèrent donc aux tableaux à la fois dans l’imagination du grand public et celle de la critique, et devinrent un morceau de cette « vie » , de cette « biographie » que les oeuvres traînaient derrière elles », note Rosalind Krauss, illustre critique d’art, connue pour s’être penchée assidûment sur l’oeuvre pollockienne.

 

#10 L’infini, élément clef de son processus

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«  Il y a un critique qui a écrit un jour que mes œuvres n’avaient ni début, ni fin. Il n’avait pas l’intention de me faire un compliment mais ça l’était »,
conclut l’artiste.

 

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