PARANIMAL: LA DERNIERE EXPOSITION DE VERSUS & VERSUS

Evènements - -

L’exposition de Versus & Versus « Paranimal » est consacrée au lien étroit qui unit l’homme et l’animal. Les oeuvres exposées montrent le comportement animal de certains humains et le comportement humain de certains animaux à travers le regard de cinq artistes: Charlotte Caron, Juliette Drouar, Aref Jdey, Elia Pagliarino et Marc Socié,  

Retour sur cette exposition quelque peu dérangeante…

{2. LES COMÉDIENS}

Charlotte-Caron-6

© Charlotte Caron

Le comportement animal de certains nous effraie parfois et nous interpelle souvent, suscitant un phénomène de mimétisme ou plus sérieusement une source d’inspiration et de réflexion.

On se souvient du film « la Planète des singes », et du travail sur les expressions physiques comme sonores et sur la démarche animale notamment les techniques de quadrupédie ou de bipédie simienne (grands singes). Les progrès de l’animation en images de synthèse ou de la motion capture ont récemment permis un jeu mimétique de plus en plus précis « (« Pourquoi j’ai pas mangé mon père » Djamel Debouze)

On pense aussi du long métrage d’Alain Chabat « Didier » avec un chien qui se transforme en être humain, tout en gardant ses « habitudes et mimiques » canines !

Jean-Jacques Annaud compare les animaux à des d’acteurs humains. «Les ours et les tigres sont des acteurs de films d’action qui ne craignent personne. Pour son film « le dernier loup » Les loups sont plutôt des « Patrick Dewaere »: ce sont des animaux inquiets, donc des acteurs compliqués»,

Pour des acteurs tel le danois Mads Mikkelsen certains ont évoqué tantôt son côté reptilien ou ont célébré en lui une « panthère ». Lui-même, sur un tournage, s’est défini comme un « gorille en cage ». « Comme tous les grands acteurs, il est plus immédiatement animal qu’humain, constate Arnaud des Pallières. Comme Brando… ».

Pour des acteurs tel le danois Mads Mikkelsen certains ont évoqué tantôt son côté reptilien ou ont célébré en lui une « panthère ». Lui-même, sur un tournage, s’est défini comme un « gorille en cage ». « Comme tous les grands acteurs, il est plus immédiatement animal qu’humain, constate Arnaud des Pallières. Comme Brando… ».

D’autres se servent des animaux pour refléter et matérialiser nos pulsions, fantasmes, ou complexes. dans toutes sortes de publicités, dans la presse, dans l’industrie (marques, logos), etc. :

– pour révéler notre animalité

– pour allier le côté absurde au politiquement incorrect, mais également de ne pas risquer d’être censuré.

Etre un animal comédien : Le singe Crystal, de La Nuit au musée et Very Bad Trip, a gagné 108 000 dollars en 2012 pour apparaître dans la série Animal Practice. C’est plus que la plupart des acteurs. Mais attention, c’était une star! Le « salaire » moyen quotidien d’un chien ou d’un chat est de 350 euros. En réalité, il s’agit de facture et non de salaire, qui englobe la préparation, l’accompagnement et le tournage.

 

{2.LES « AUTEURS »}

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

© Marc Socié

Petit retour en arrière. Nous sommes en 2011 et David Slater, est photographe animalier britannique dans un parc national indonésien. Un macaque noir à crête lui subtilise soudain son appareil. Il prend alors une centaine de photos, et, parmi elles, une série de selfies absolument inouïs. L’un deux, montrant l’animal grimaçant face à l’objectif, fera rire les internautes du monde entier.

Wikimédia, l’organisme derrière Wikipédia, a depuis décidé de diffuser le cliché hilarant sous licence Wikipedia Commons, une gigantesque collection de 22 millions d’images libres de droits. Ce faisant, n’importe qui peut utiliser l’image sans rien reverser au photographe. Se plaignant d’avoir été payé en « monnaie de singe » pour ce cliché ayant fait le tour du monde, celui-ci, qui s’estime propriétaire de l’image, a contesté cette décision, et est revenu plusieurs fois à la charge contre les auteurs de l’encyclopédie.

Mais Wikimédia a toujours maintenu son choix.  Deux arguements à cela : premièrement, «pour réclamer les droits, le photographe devrait justifier d’avoir apporté une contribution significative au cliché final…». Deuxièmement, la loi ne prévoit pas d’attribution automatique de droits d’auteurs aux auteurs…non-humains. L’argument de Wikimedia, aussi simple que redoutable, se résume ainsi: puisque le singe a appuyé sur le bouton, c’est donc lui l’auteur du cliché, pas le photographe. Puisque les animaux ne sont pas reconnus comme des entités juridiques pouvant bénéficier du droit d’auteur, alors le cliché s’élève de facto dans le domaine public.

Evidemment, le photographe ne l’entendait pas ainsi: photographe animalier, il affirme avoir volontairement, une fois ses réglages mis au point, placé l’appareil en évidence.  Il s’agissait de son matériel, de ses réglages, de son installation, et au même titre qu’un assistant presse le déclencheur lors d’une séance photo préparée par une star de la photographie, le singe n’avait fait que bénéficier d’une mise en place préétablie.

L’US Copyright Office a rendu son verdict il y a quelques jours, soit 4 ans plus tard (!) : personne ne peut s’arroger la paternité d’un cliché pris par un animal et Wikimedia est donc dans son bon droit quand il publie la photo dans le domaine public. Notons la nuance : le Copyright Office n’a pas dit que le singe était l’auteur du cliché, mais que personne n’avait le droit de s’arroger un copyright dans ce cas précis, ce qui est très différent, aucun être humain ne peut s’octroyer la qualité d’auteur de ces clichés.

Dommage pour ce photographe, qui, si l’on pousse à l’absurde, aurait justement pu revendiquer la qualité de « co-auteur » sur ces photos en raison de son apport intellectuel. Il suffit de tenter de régler un appareil photo professionnel pour savoir que la qualité de la prise de vue dépend des choix du photographes (cadrage, lumière, composition, etc) et donc de la démarche intellectuelle de création: les photos auraient été différentes si ça avait été un autre matériel, un autre réglage, un autre photographe, même s’il n’a pas été celui qui a appuyé… Cette décision revient à résumer l’art photographique à celui qui enclenche l’appareil, même accidentellement.

61e6ced37c03247bd50141d80f178a7f

© Aref Jdey

En outre, peut-on qualifier un selfie d’œuvre originale ? Le débat reste ouvert.

Oublions l’histoire de ce singe addict aux selfies. Intéressons-nous aux artistes peintres!

A l’affiche des Tarzan tournés dans les années 30 et 40 et porté par Johnny Weissmuller, Cheetah le chimpanzé, est encore bien vivante ! Âgée aujourd’hui de 77 ans, le primate coule une retraite paisible dans sa réserve privée en Californie. Passionnée de peinture, Cheetah vend d’ailleurs ses « œuvres » au profit d’associations pour la défense des singes.

En Thaïlande, des peintures faites par des éléphants font l’objet d’un véritable commerce « d’œuvres d’art ». A vous d’apprécier ( Tableau présent à l’exposition )….

Avez-vous déjà entendu parler de Koko, cette femelle gorille capable d’avoir une conversation parfaitement rationnelle avec ses compagnons humains en utilisant la langue des signes. Il est fascinant de la voir discuter de ses goûts, de ses envies, de ses peurs, de ses rêves et de ses craintes. Koko, comme de nombreux autres singes dans ce genre de programmes, produit des oeuvres artistiques, elle aussi peint. Et elle est même parfois mécontente du résultat. Les oeuvres de Koko et de ses condisciples sont en vente sur le site de la Gorilla Foundation, créée en 1976 justement pour acheter les peintures de Koko. L’argent ainsi récolté revient à la fondation, qui promet de l’utiliser au mieux pour servir l’intérêt des grands singes. http://www.koko.org/gorilla-art-1

Imaginons un instant que notre aimable singe détienne le copyright de son propre cliché et qu’il soit en pleine possession de ses moyens comme Koko et donc capable d’avoir une conversation claire avec un être humain. Il faudrait donc, pour exploiter le cliché, obtenir au préalable son consentement, qu’il l’exprime oralement ou par le biais d’un contrat signé.

En France, depuis cette année seulement, les animaux ne sont plus considérés comme des biens meubles mais comme des « êtres vivants doués de sensibilité», Il s’agirait donc de donner une personnalité juridique à l’animal, en plus d’un droit à l’image?

 

 

Partager cet article :

1 Commentaire


Overso

Publié le 15 octobre 2015, 11h04

Bel article ! Sur le même thème, il y a l’exposition WILD à la Galerie L’Oeil Ouvert, à partir de ce soir.
Plus d’infos : http://www.overso.me/as-de-pixel-x-loeil-ouvert-wild/

Laisser un commentaire