MONUMENTA : CHRONIQUE D’EXPOSITION

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Ilya & Emilia Kabakov. D’ordinaire grandiose, le couple russe, invité de Monumenta s’étiole sous la coupole du Grand Palais. Après un Buren décevant en 2012, les artistes seraient ils en panne d’inspiration ?

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Une question d’espace.

Monumenta. Le spectateur s’attend d’emblée à une production d’envergure. Première déception. Kiefer avait émue, Boltanski glacé, Kapoor asphyxié. Qu’ont fait les Kabakov de l’espace qui leur était offert ? Rien. Malgré une entrée en la matière plutôt prometteuse, où une grande coupole renversée reprenant l’architecture du Grand Palais égrène une mélopée doucement obsédante, la déconvenue ne tarde pas à arriver. L’étrange cité promise au visiteur n’a d’étrange que le nom. Le parti pris architectural qui a tout pour surprendre, une citée blanche sertie d’une double enceinte, enfermant  de grandes pièces circulaires où s’amoncellent plusieurs projets du couple (déjà exposés avant Monumenta).


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Alors certes, tout est bien amené, bien réalisé, mais quid de l’émotion, de l’élévation qui devrait logiquement nous subjuguer ? Où sont les frissons ? On attend, on regarde, on se perd dans un dédale blanc, on constate avec bonne foi que les idées sont belles, oniriques, métaphysiques, totalement en phase avec la démarche des artistes. Tout est beau, mais rien ne passe. Trop policés, les Kabakov. Trop de convenances, trop de cloisons, un sentiment d’une banale visite dans un musée lambda.

Mention spéciale à la salle du musée vide où résonne les notes puissantes de la Passacaglia de Bach, vertigineuse, et où la lumière remplace les tableaux. Pour un temps alors, l’émotion est palpable. Les visiteurs s’arrêtent et s’abandonnent.

musée

Les deux chapelles en forme d’épilogue à l’exposition, qui montrent les ruines d’une Russie malade, n’arrivent pas plus à émouvoir que les nombreuses maquettes présentées tout au long du parcours.

Après deux ans d’attente, la nef du Grand Palais semble bien vide. Pire que ça : si l’on monte les escaliers, la perspective, grandiose chez Kiefer ou Richard Serra, est totalement écrasée. En ressortant de l’exposition, une tristesse infinie s’empare du spectateur désabusé, floué. Pas un échec total non, c’eût été plus facile à digérer, mais un grand sentiment de vide et d’inachèvement.

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