LUCIO FONTANA AU MAM

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Aujourd’hui, Artsper vous dévoile 6 bonnes raisons de ne louper sous aucun prétexte la rétrospective de Lucio Fontana au Musée d’art Moderne de la ville de Paris.

1) Cette exposition est de l’aveu de Fabrice Hergott, le directeur du MAM, « peut-être la plus grande rétrospective depuis la mort de Lucio Fontana » avec près de 200 œuvres exposées retraçant 30 ans de création.

2) On découvre un tout autre visage de Lucio Fontana. Pas la moindre toile trouéeou fendue dans les premières salles d’exposition et pour cause, la première fois que l’artiste utilise cette méthode il est âgé de 60 ans et a déjà une grande production derrière lui. L’approche chronologique nous permet d’aborder le travail de l’artiste italien avec un oeil nouveau.

3) Il est présenté deux installations historiques. La première est au-dessus de vos têtes dans le hall du musée. Il s’agit d’un gigantesque néon montré à la triennale de Milan de 1951 et réinstallé pour cette exposition. Fontana nous prouve ici qu’il est bien un précurseur, bien avant les américains, il est le premier à utiliser ce medium.

La deuxième installation vous attend un peu plus loin dans l’exposition. C’est un labyrinthe blanc et déroutant qui se termine par une grande fente sur le mur. Installé à la Documenta 4 à Kassel en 1968, cette oeuvre méconnue nous ouvre un nouvel horizon sur les fameuses œuvres lacérées de Lucio Fontana, Concetto Spaziale.

4) Les œuvres génériquement intitulées Concetto Spaziale sont ici classées en séries nommées par l’artiste. On peut lire tagli (fente), buchi (trous), ova (œuf) etc. L’occasion pour le maitre de l’abstraction de s’affranchir de l’avant-garde de son époque en ramenant les œuvres à ce qu’elles ont de plus banales. Intriguant par exemple cette série de sculptures à fentes ou cratères appelées Natura, mot qui désigne dans l’argot italien le sexe féminin. La connotation sexuelle est édifiante dans un témoignage qui décrit Fontana caressant les lèvres des fentes pour les replier délicatement vers l’intérieur.

5) La multitude de toiles fendues ou trouées permet une meilleure compréhensionde ces œuvres que l’on croise parfois sans en saisir le sens. Les toiles semblent dialoguer entre elles dans un espace dont le spectateur fait parti intégrante. Traduisant ainsi la volonté du maitre d’ouvrir ses toiles sur le monde. L’on ne peut résister à s’approcher au plus près de l’œuvre pour s’approprier ce geste créateur réalisé à la lame ou au poinçon. Au dos de bon nombre de ces toiles figurent d’ailleurs des annotations de l’artiste à la main « j’ai oublié de prendre mon médicament », « quel beau soleil de printemps » … son monde n’est donc pas différent du notre.

6) Last but not least… C’est peut-être la dernière exposition de cette envergure de Lucio Fontana en France, les œuvres du maitre devenant de plus en plus fragiles et intransportables. Une toile trouée vieillit moins bien qu’une toile cirée !

Ugo Scalia

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