Lucien m’a tuer

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Cette semaine Artsper évoque avec vous l’exposition Lucien m’a tuer présentée à l’Atelier des Artistes.

Lucien Murat s’expose en livrant ses rêves et ses obsessions. Il entend s’exprimer en mêlant des techniques anciennes et éprouvées à des matériaux peu fréquents en sculpture.  On y retrouve de la peinture sur tapisserie et l’alliance du collage ou du moulage au ciment.

 Tapisserie invitation 1

A partir d’un modèle exécuté en plastiline, il exécute une épreuve unique en ciment et détruit ensuite les éléments du moule signant ainsi une œuvre unique.

Pour Lucien Murat, le ciment si sage, si solide, est un matériau de délires : il y construit son univers de fous agités, de chimères inspirées de dérèglements anatomiques.

L’univers de ses sculptures est immédiatement reconnaissable : un monde d’accumulations débridées, où les formes identifiées se mêlent à l’informe.  Ses têtes fichées sur des piques appartiennent à des séries destinées à être complétées. Elles évoquent des images connues – une tête de Chrysès en terre cuite par Michel Ange Slodtz, une autre dite d’un pendu par Frans Xaver Messerschmidt, tel un visage de Silène rubénien – qu’elles réinterprètent et amalgament avec d’autres aux références plus souterraines. Les obsessions – le sexe, les grandes oreilles, la corde autour du cou – construisent des figures  autour desquelles se bâtit l’œuvre de l’artiste.

 On  découvre également dans cette exposition, la tapisserie qui est détournée de sa tradition. Après avoir chiné des tapisseries de brocantes,  Lucien Murat en découpe des fragments et construit avec ceux-ci des assemblages nouveaux, en les cousant bord à bord. A l’image des cadavres surréalistes où se côtoient motifs kitsch et culture folk, ce patchwork lui sert ensuite de support sur lequel il peint.  Il y invente des liaisons, imagine de nouveaux récits où des contrastes espiègles voire politiquement dénonciateurs, se répétent sur toute la surface de l’œuvre.

 « L’art de Lucien Murat est réjouissant et tonique. C’est un hymne à la vie » écrit  Guilhem Sherf, conservateur en chef au département des sculptures du Louvre.

Lucien m’a tuer , Exposition de Lucien Murat présentée du 29 novembre au 16 janvier à l’Atelier des Artistes, 4 rue Rampon 75011 Paris

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