LE BAL VOUS PRÉSENTE SA NOUVELLE EXPOSITION PROVOKE

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Provoke : entre contestation et performance – la photographie au Japon 1960 – 1975

Du 14 septembre au 11 décembre 2016, LE BAL présente la première exposition consacrée à Provoke, la revue japonaise culte publiée entre 1968 et 1969 qui, en trois numéros, a bouleversé l’histoire de la photographie, autour des œuvres essentielles de ses membres : Takuma Nakahira, Daidō Moriyama, Yutaka Takanashi.

À la fois manifeste et œuvre collective, Provoke assigne à la photographie « matériau pour la pensée » un nouveau rôle en réaction aux troubles violents qui ébranlent la société japonaise et en écho aux « actions » de la scène performative nippone et de ses grandes figures, Natsuyuki Nakanishi, Jiro Takamatsu, Kōji Enokura, Shuji Terayama….

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Portrait de Takuma Nakahira, Shinjuku, 1964 par Shōmei Tōmatsu © Shōmei Tōmatsu – INTERFACE / Collection Art Institute of Chicago

 

PROVOKE ENTRE CONTESTATION ET PERFORMANCE

Avec Provoke, les photographes Takuma Nakahira, Yutaka Takanashi et Daidō Moriyama, le critique Kōji Taki et le poète Takahiko Okada, imposent un nouveau langage visuel, « rough, grainy and blurred » (brut, flou et granuleux), à même de capter la complexité de l’expérience vécue par chacun et les paradoxes de la modernité subis par tous.

Parallèlement à l’essor fulgurant d’une société de consommation sur le modèle occidental, le pays traverse pendant dix ans (de 1960 à 1970) une crise identitaire majeure qui se déploie sur de multiples fronts : bases militaires américaines à Okinawa, bataille contre la construction de l’aéroport de Narita, occupation des universités par les étudiants… Si les membres de Provoke sont engagés sur le plan politique – à l’exception notable de Moriyama –, tous partagent la conviction que la photographie s’est avérée jusqu’alors incapable de susciter prises de conscience et changements politiques. Pourtant, Provoke s’inspire formellement des stratégies d’autoreprésentation des mouvements contestataires de l’époque : graphisme novateur, séquences suggestives, cadrages abrupts, et dichotomie entre la sophistication de la mise en page et la modestie des matériaux utilisés. Parallèlement, le mode opératoire et l’esprit de Provoke nourrissent et se nourrissent de l’émergence de la performance au Japon, notamment dans l’espace public. Ses grandes figures, les plasticiens Jiro Takamatsu, Genpei Akasegawa, Natsuyuki Nakanishi, Kōji Enokura, le danseur Tatsumi Hijikata et le dramaturge Shuji Terayama contribuent à briser les frontières entre action directe et image, et révèlent la force performative du médium photographique.

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Kōji Taki, photographie extraite de Provoke 3, 1969.© YōsukeTaki / Collection privée

 

Notre plus 

Une co-édition inédite des 3 numéros de Provoke en vente au BAL

Pour la première fois, le livre reproduit dans leur intégralité les trois numéros de Provoke, revue aujourd’hui culte parmi les collectionneurs et amateurs. Replaçant la revue dans un contexte de bouleversements socio-politiques, le livre propose une analyse transversale des artistes et de leur travail tout en explorant les liens de Provoke avec l’émergence des arts performatifs contemporains au Japon. Provoke – Between Protest and Performance rassemble une collection inédite de « Protest books », des textes de l’époque traduits pour la première fois du japonais vers l’anglais, des œuvres et performances de collectifs d’artistes qui ont marqué cette période, des interviews avec Daidō Moriyama, Nobuyoshi Araki et Eikō Hosoe ainsi que des essais inédits d’historiens chercheurs et de commissaires d’exposition.

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Inconnu, Contestation autour de la construction de l’aéroport de Narita, c. 1969, Collection Art Institute of Chicago

 

 

 

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