LA FÊTE DU GRAPHISME: KALEIDOSCOPE DE L’IMAGE

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Du 15 janvier au 7 février se tiendra la 3ème édition 2016 de la Fête du graphisme, consacrée à cette discipline sous toutes ses formes. Artsper, en partenariat avec TCQVAR, profite de cet évènement pour faire l’état des lieux du graphisme en France aujourd’hui.

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La Fête du graphisme cherche à mettre en avant la richesse et la pluralité du graphisme mais également les secteurs économiques qui y sont associés. Cet événement invite à réfléchir à l’importance du graphisme et son omniprésence dans notre vie quotidienne à travers une programmation très riche et quatre expositions :

Graphisme des antipodes : Portrait de deux capitales, Stockholm et Buenos Aires dans une célébration joyeuse de deux contraires enfin réunis.

Utopies et réalités #2. Les intrépides : Exposition des Pays-Bas, d’Allemagne, de Pologne et de Russie.

Graphisme, rock et cinéma : Sélection de supports aussi divers que les affiches, pochettes de vinyles, magazines, etc., retraçant la représentation graphique du cinéma inspiré par le rock.

Alliances françaises. « Rendez-vous à… » : Exposition célébrant la diversité culturelle pour une mondialisation à visage humain.

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Peter Bankov – Affiche réalisée pour la Galeria Ada à Barcelone, 2015

 

Cette célébration du graphisme est ainsi une plateforme remarquable pour secouer notre conception de ce genre. Le design graphique est en effet paradoxalement perçu comme un art « léger », de seconde catégorie,  alors même qu’il s’inscrit dans une longue tradition d’engagement politique et social. La fonction du designer graphique est à géométrie variable. Pour les uns, elle est de nature utilitaire, commerciale, et se subordonne ainsi au marketing. Pour d’autres, et aux antipodes de cette conception, elle reste un moyen de contestation civique. Selon Richard Hollis, historien du graphisme, la visée première de cet art est de mieux cerner, informer, promouvoir, et ce quelle que soit la démarche dans laquelle il s’inscrit.

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Amar Luchar Vivir, sérigraphie 2 couleurs, 2009, Courtesy of Colectivo Gráfico

 

Aujourd’hui, les tendances récentes témoignent de l’effacement des frontières entre les domaines culturel, institutionnel et commercial. Les cloisons entre information et persuasion sont poreuses, et la nature de ce hiatus n’est pas forcément éthique. Loin de diaboliser le marketing et la publicité, les artistes tentent aujourd’hui de trouver l’équilibre délicat et la ligne de partage entre design utilitaire et création artistique. Les contours fluctuants entre la publicité et le design graphique sont une force à double tranchant. Si ce rapprochement peut induire une vision aseptisée et un consensus visuel, il peut également être vu comme un moyen d’hybridation entre deux domaines, donnant naissance à une communication riche et efficace.

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Mono Grinbaum, Extravagant chaos, 2014, courtesy of Brandingfobia

 

Néanmoins, quelle que soit la vision dont se revendiquent les graphistes, ils contribuent à faire de l’image un moyen de réflexion critique. C’est dans cette veine que l’on peut pleinement comprendre l’importance de la Fête du graphisme. Cet évènement redonne en effet au champ du visuel une importance sémantique alors même qu’il a longtemps été négligé en France au profit de l’écrit, référent culturel absolu. En mettant en lumière la pluridisciplinarité de la profession, la Fête du graphisme contribue à sortir cet art de la chape où il a longtemps été enseveli. Sous le soleil où il se dresse, le graphisme se libère du carcan de sa fonction décorative et devient un art pluriel qui habille notre quotidien.

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Edwin Vollebergh, Affiche d’astrologie chinoise pour l’année du singe, Courtesy of Studio Boot
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