Fashion week : quand la mode rencontre l’art

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Cette semaine, c’est la Fashion Week parisienne ! L’occasion pour Artsper de revenir sur les liens croissants qui unissent le monde de l’art contemporain à celui des grands couturiers. Des liens qui encouragent l’innovation de part et d’autre, mais qui parfois suscitent débat et confusion…

 

 

UNE HISTOIRE DE COLLABORATIONS

Kasuma artsper

A gauche, le pop-up store et les produits issus de la collaboration Vuitton x Yayoi Kusama.

A droite, le portrait de l’artiste japonaise (Courtesy Yayoi Kusama Studio Inc., Ota Fine Arts, Tokyo and Victoria Miro, London © Yayoi Kusama)

 

C’est une tendance qui s’est affirmée ces quinze dernières années : l’artiste contemporain est de plus en plus sollicité par les grandes marques du luxe pour faire de leurs produits de véritables oeuvres d’art. Parmi les collaborations les plus remarquées, on mentionnera celle entre la marque Louis Vuitton et l’artiste japonaise internationalement reconnue Yayoi Kusama en 2012. Cette collaboration a même donné lieu à la création d’un pop-up store entièrement dessiné par l’artiste ! Autre anecdote : si la tendance est récente, Dali et la créatrice Elsa Schiaparelli avait déjà maintes fois collaboré dans les années 30, créant ensembles des vêtements complètement surréalistes comme un chapeau en forme de… chaussure.

 

 

Au croisement du défilé et de l’art contemporain : la performance

Margiela x H&M

Performance pour la présentation de la collection Martin Margiela pour H&M, 2012

 

Medium artistique contemporain par excellence, la performance partage la même essence que le défilé de mode : l’éphémère. Ce trait commun a donné à certaines maisons de couture l’idée de présenter leurs collections en rompant avec les codes traditionnels des défilés, créant ainsi un véritable dispositif artistique. Ce fut le cas de la Maison Margiela qui organisa une performance pour présenter sa collection pour H&M. La performance, qui a eu lieu dans un immeuble New-Yorkais désaffecté, faisait danser les modèles de la marque dans des carrés de sable colorés… Un jeu sur la forme et le mouvement qui a révélé le vêtement autrement.

 

 

une source d’inspiration réciproque

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Pablo Picasso, Femme au chapeau, 1961, métal, Centre Georges Pompidou, Paris

Défilé Viktor & Rolf printemps-été 2016

 

C’est encore ici un point commun : pour les artistes et les créateurs, tout peut être source d’inspiration. Ainsi, la mode s’inspire régulièrement de l’art, tandis que les artistes contemporains jouent de plus en plus avec les logos des grandes marques. A ce titre, la collection Haute Couture printemps-été 2016 de la maison Viktor & Rolf était un hommage aux sculptures de Pablo Picasso et en reprenait les codes.

 

 

Les géants du luxe, mécènes de l’art contemporain

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Fondation Louis Vuitton

 

Les patrons des géants de la mode et du luxe sont pour la grande majorité férus d’art contemporain et collectionneurs aguerris. Bernard Arnault, propriétaire de LVMH, est l’un des meilleurs clients de la FIAC. Mécènes, les marques de mode présentent de plus en plus les oeuvres de leurs propriétaires au public à travers des fondations, dont le nombre n’a cessé de croître ces dernières années. A titre d’exemple, on citera les fondations Cartier, Prada, Gucci et la dernière en date, la Fondation Vuitton.

 

 

des liens qui suscitent le débat

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Yuima Nakazato, collection Haute Couture automne-hiver 2016-2017

 

Les relations entre art et mode ne sont pas sans débat. En particulier, une question se pose de manière récurrente : la Haute Couture est-elle un art et de fait, le créateur est-il artiste et le vêtement son médium ? Les éléments qui interrogent sont nombreux : les défilés Haute Couture reflètent la créativité, le style unique, la sensibilité qu’un individu insuffle au vêtement. Les croquis des plus grands créateurs se vendent et s’affichent aux murs des appartements. Les musées proposent de plus en plus régulièrement des rétrospectives de grands nom de la mode. Si Karl Lagerfeld affirme que la haute couture n’est pas un art, Yves Saint Laurent se place à mi chemin entre la négative et l’affirmative. Il parlait en effet de la Haute Couture comme un métier « qui n’est pas tout à fait un art, mais qui a besoin d’un artiste pour exister ».

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