« Champ d’accélération »: L’oeuvre incontournable de l’artiste Baptiste Debombourg dans le patio de la maison rouge.

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Cette semaine, Artsper vous recommande de visiter en première mondiale la plus large installation artistique réalisée en verre (250 m2) dans le patio de la maison rouge. L’exposition est prolongée jusqu’au 24 Janvier 2016.

Les amis de la fondation de la maison rouge choisissent annuellement une œuvre pour le patio de la fondation. Le choix de cette année s’est porté sur une œuvre du plasticien français Baptiste Debombourg (1978). « Champ d’accélération » est l’œuvre majeure d’une trilogie d’occupation de l’espace par le verre. Couvrant 250 m2 de surface, elle est la première installation artistique en verre de cette taille, la première également exposée en extérieur. Pour le lieu ouvert qu’est le patio, l’artiste a imaginé une œuvre transfigurant l’espace et l’inondant d’une douce lumière naturelle. Tout au long de cette coursive se dresse un espace mouvant, protéiforme, fait d’une charpente de verre de hauteur et de largeur variables.

 Baptiste Debombourg, Champ d’accélération, 2015. © photo Sylvia Potocki

 

L’un des aspects les plus intéressants de « Champ d’accélération » réside dans l’utilisation du verre non pas en tant que surface lisse, miroitante, mais comme une matière dure, opaque, impondérable. En utilisant un matériau qui, a priori, réfléchit l’image, l’artiste réussit le tour de force de subvertir le caractère diffractant du verre en l’opacifiant pour créer un mouvement fluctuant, hasardeux. La fascination de l’artiste par l’éphémère et le hasard est une clé essentielle pour la compréhension de cette œuvre : Sa démarche est de capturer le mouvant, l’imprédictible.

Baptiste Debombourg, Champ d’accélération, 2015. © photo Sylvia Potocki

Baptiste Debombourg, Champ d’accélération, 2015. © photo Sylvia Potocki

 

Nietzsche disait que le chaos est nécessaire pour pouvoir enfanter une étoile qui danse. L’installation de verre intègre cette notion de hasard comme élément intrinsèque de la création artistique. A la manière de Marcel Duchamp qui s’est raillé de son fameux Grand Verre étoilé par accident et a accepté ce défaut fortuit comme élément de l’œuvre, Baptiste Debombourg intègre l’erreur et le hasard comme éléments porteurs d’innovation et de sens. L’artiste réussit à mettre en plasticité la transgression et la violence et invite à une réflexion sur l’expérimentation artistique et la fécondité de l’imprévu.

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 Baptiste Debombourg, Champ d’accélération, 2015. © photo Sylvia Potocki

 

Avec cette œuvre monumentale, Baptiste Debombourg fait réfléchir aux contours brumeux entre art et architecture en créant une mise en abîme, où le patio devient un espace artistique au sein de l’espace artistique qu’est la maison rouge. Par là, il s’inscrit dans cette lignée d’artistes tels que Olafur Eliasson, qui ne divisent pas entre l’architecture de l’exposition et l’exposition elle-même.

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