Biennale de Venise 2017 : les cinq artistes à suivre


On connaît Venise la Sérénissime, avec ses palais et ses gondoles, ses canaux et ses églises… Mais connaissez-vous Venise capitale mondiale de l’art contemporain ? Du 13 mai au 26 septembre 2017, professionnels et amateurs d’art du monde entier se donnent rendez-vous à la biennale d’art contemporain, qui reprend ses quartiers dans la ville.

Particularité de cette 57ème édition : la sélection officielle est le fait d’une Française, Christine Macel, conservatrice en chef au Musée national d’art moderne du Centre Pompidou. Son mot d’ordre ? « Viva arte viva ! ». La commissaire française a en effet conçu cette édition en plaçant art et artistes à l’épicentre de l’événement. Un projet pleins de promesses, qui a donné envie à Artsper de vous proposer une sélection non exhaustive de ses artistes coups de coeur de cette biennale 2017 !

 

Abdoulaye Konaté

 

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Abdoulaye Konaté, Composition no. 17 (vert-bleu). Oeuvre photographiée par Christian Glaeser pour Blain|Southern


« Viva Arte Viva » a l’ambition de placer l’art et les artistes au cœur d’une exposition mettant l’accent sur leurs rôles et responsabilités dans les débats contemporains. Le choix d’Abdoulaye Konaté est à ce titre évocateur. Figure de proue de la scène contemporaine malienne, cet artiste plasticien de 64 ans, maître de la sculpture textile, est porteur d’un univers profondément conscient des enjeux et des réalités économiques ou sociales de son pays et du monde. En 2002, il réalise un patchwork de 6000 mètres carrés couvrant le stade accueillant la cérémonie d’ouverture de la Coupe d’Afrique des Nations pour attirer l’attention sur les risques liés au virus du Sida. En 2006, il crée une oeuvre qui appelle Israël et la Palestine à la réconciliation. Le tissu est également prétexte à l’évocation des traditions, celles du Mali mais aussi celles que l’artiste rencontre au fil de ses voyages. Artiste de la matière et du sens, Abdoulaye Konaté est le témoin d’une conscience collective qui tend vers l’universel.

 

Anna Halprin

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Du haut de ses 97 ans, la reine de la performance est également à l’affiche de la sélection officielle de la biennale 2017, dont elle est, vous l’aurez compris, la doyenne. C’est en défiant les codes de la danse traditionnelle dès la fin des années 30 que cette danseuse et chorégraphe entre dans la performance. Tout comme Abdoulaye Konaté, l’artiste a toujours créé sans jamais ignorer le contexte dans lequel elle évoluait. Dans les années 60, alors que les discriminations raciales persistent, elle crée la première compagnie où noirs et blancs dansent ensemble. A travers ses performances, la danse devient un rituel, un outil de guérison, comme en témoigne sa création « planetary dance », danse pour la paix déjà réalisée dans plus de 50 pays. Une oeuvre qui s’inscrit parfaitement dans la tonalité spirituelle insufflée à la biennale par Christine Macel, comme en témoignent les neufs pavillons qui rythment le parcours : pavillon de la Terre, du Commun, des Shamans ou encore des couleurs sont en effet au rendez-vous, entre autres.

 

Ernesto Neto

 

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yubẽ bushka ©Ernesto Neto

L’artiste brésilien Ernesto Neto est un des grands noms attendus lors de cette biennale 2017. On perçoit ainsi dans ce choix la volonté de la commissaire générale de la biennale d’établir le dialogue entre artistes et public. C’est précisément ce que fait Ernesto Nieto. Ses oeuvres monumentales, qui combinent tissages, de minéraux ou encore fleurs, enserrent le visiteur lui permettant d’expérimenter à travers la profusion des sensations. Une invitation à une méditation artistique : « Je veux que nous cessions de penser. Nous réfugier dans l’art. Je crois que ne pas penser est bon, on respire la vie ». Ernesto n’en oublie pourtant pas de parler des relations humaines, et s’adresse directement au visiteur, faisant appel à son corps et à son esprit. On peut en être sûrs, la Biennale de Venise 2017 ne se résume pas à une succession d’œuvres. Et si vous en doutiez, sachez que des événements vont ponctuer cette 57ème édition pour provoquer la rencontre entre public et artistes, comme l’ « Open Table », un rendez-vous autour d’un déjeuner !

 

Julian Charrière

 

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©Julian Charrière

La Biennale de Venise 2017 fait la part belle aussi bien aux grands noms qu’à la nouvelle génération de l’art contemporain. La benjamine de « Viva Arte Viva », Katerine Nunez, n’a que 26 ans !

Julian Charrière est également l’un des benjamins de cette édition 2017. Né en 1987, cet artiste franco-suisse est notre coup de coeur des jeunes talents qui seront exposés à la biennale. Ancien élève d’Olafur Eliasson, Julian Charrière a développé un art en rapport direct avec la terre et les éléments. Que ce soit à travers la performance, la vidéo, la photographie ou l’installation, l’artiste expérimente, et intègre à sa recherche des éléments récoltés dans la nature : cristaux de sel et échantillons de terres prélevés dans les 195 pays de l’ONU, entre autres. Les éléments naturels lui permettent une réflexion sur le temps, passé, présent, futur, comme sur la société dans laquelle il vit, questionnant presque à chaque fois le lien de l’Homme à son environnement. Un artiste qui nous prouve que la jeune génération elle aussi, s’inspire ce qui l’entoure, et s’interroge autant qu’elle interroge le visiteur.

 

Hao Liang

 

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©Hao Liang

Dans sa manière d’évoquer la société contemporaine, Hao Liang fait figure d’exception. Et pour cause : il s’exprime via la peinture traditionnelle chinoise, réalisée sur soie. Une démarche qui détonne, surtout lorsque l’on regarde d’une vue d’ensemble la scène contemporaine chinoise, qui privilégie sculptures monumentales, scènes chocs et art numérique. La force de Hao Liang au contraire, est de réussir à parler du présent à travers une technique venue du passée. En déconstruisant les paysages chinois du 17ème siècle dans ses oeuvres, il témoigne de l’évolution du rapport de la société chinoise à la nature, faisant preuve d’une hyper-modernité toute… traditionnelle.

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